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Continuer la lectureUHM (Epsiloon, National Geographic…) pourrait devoir accepter Tikehau à son capital
Fragilisé par la perte de la licence Disney, qui lui permettait d’éditer quatorze titres comme Le journal de Mickey, le groupe de presse doit négocier avec son principal créancier.
Les prochains mois vont être décisifs pour Unique Heritage Media. Se définissant « à la croisée du ludique et de l’éducatif, du divertissement et de l’apprentissage », le petit groupe de presse derrière National Geographic (en France), Epsiloon ou encore Abricot a dû encaisser une très mauvaise nouvelle en début d’année : la perte de la licence Disney pour l’édition de quatorze titres en langue française, dont Le Journal de Mickey ou Picsou Magazine. Le géant américain lui a préféré Panini pour les prochaines années. La décision sera effective au 31 mars 2027 et va « coûter » à UHM la perte de la moitié de son chiffre d’affaires. Mais elle a aussi une autre conséquence : elle met à l’épreuve la relation de l’entreprise avec son principal créancier, Tikehau. En 2021, ce dernier avait accordé un financement obligataire de 15,4 millions d’euros pour permettre au patron de l’éditeur, Emmanuel Mounier, de reprendre la participation des fonds 123 IM et Entrepreneur Invest de manière à détenir une majorité écrasante au capital.
Selon nos informations, des discussions ont été entamées autour d’une restructuration de la dette, sans intermédiaire financier mais avec l’aide des cabinets d’avocats Linklaters et De Pardieu Brocas, qui conseillent respectivement la société et Tikehau. « UHM a subi un véritable accident industriel, commente un connaisseur du dossier. Certes, il n’y a pas nécessité de réinjecter du cash en urgence. Mais les contrats de prêts comprennent des clauses faisant que des événements de cette nature rendent exigible la dette, ce qui force actionnaire et créancier à discuter pour trouver une solution. » La restructuration de la dette a de fortes chances de se traduire par une montée au capital de Tikehau, ce qui provoquerait une dilution d’Emmanuel Mounier. « La question est de savoir si Tikehau peut jusqu’à aller prendre le contrôle, réagit un autre interlocuteur. Cette éventualité pourrait remettre en cause l’indépendance du groupe et susciter quelques remous en interne. » Quant à la piste de l’arrivée d’un actionnaire externe qui serait prêt à servir de « chevalier blanc », elle semble aujourd’hui au point mort.
Ces discussions se poursuivent alors qu’Unique Heritage Media avance sur un plan de transformation interne. Celui-ci se traduira notamment par le départ d’une trentaine de salariés. Le groupe totalisait une grosse cinquantaine de millions d’euros de chiffre d’affaires l’an passé, pour un Ebitda qui serait de l’ordre de 4 millions d’euros. S’il avait connu un pic de revenus en 2022 (67 millions d’euros), UHM avait l’année suivante déjà arrêté la publication de huit titres (à l’instar de Réponse à Tout) représentant un peu moins de 10 millions de chiffre d’affaires. Le groupe édite aujourd’hui une douzaine de magazines et dirige la maison d’édition Quelle Histoire.