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Continuer la lecturePigasse, Deutsche Bank, Lazard… les banques d’affaires mobilisées sur la vente du pôle grand public de Sanofi
Certains investisseurs pressentis pour la reprise du Doliprane et d’une centaine d’autres traitements sans ordonnance se sont déjà bien équipés en conseils. La valorisation pourrait atteindre 20 milliards d’euros.
Il y a foule autour du Doliprane et des autres médicaments sans ordonnance de Sanofi. Fin 2023, le groupe pharmaceutique français a suscité l’excitation en annonçant vouloir céder le contrôle de son pôle santé grand public. Aujourd’hui, deux scénarios sont sur la table : une introduction en Bourse ou la vente d’ une participation majoritaire à des fonds de private equity. Ces derniers sont invités à remettre leurs offres indicatives en ce début de semaine, dans une compétition qui pourrait valoriser ce périmètre de 18 à 20 milliards d’euros. Signe que le dossier aiguise de vifs appétits, quelques-uns des candidats déclarés ont d’ores et déjà choisi de s’entourer de banques d’affaires pour les assister à ce stade précoce des négociations selon nos informations.
Le fonds américain Advent n’a pas lésiné sur les conseils. L’investisseur - qui avait déjà racheté à Sanofi le fabricant de médicaments génériques Zentiva en 2018 - a mobilisé deux grandes banques européennes, Deutsche Bank et Barclays. Mais il a aussi fait appel à deux boutiques nord-américaines, Jefferies et Greenhill. À en croire Bloomberg, les trois premières seraient en parallèle missionnées par Sanofi pour commercialiser les titres du groupe dans le cas où une introduction en Bourse serait finalement décidée. Face à Advent, PAI Partners, seul candidat français officiellement prêt à jouer un rôle majeur dans le dossier, a fait appel à JP Morgan, ainsi qu’à Centerview Partners - et à son patron en France, Matthieu Pigasse. Autre prétendant américain, Clayton Dubilier & Rice a pour sa part choisi de s’offrir les services de Lazard et de Citigroup.
L’intérêt d’autres investisseurs a aussi été rendu public, comme CVC (par ailleurs propriétaire d’un autre spécialiste des médicaments sans ordonnance, Cooper Vemedia), TPG, Blackstone voire Bain Capital et Cinven (qui se partagent le contrôle de la pharma allemande Stada). Des combinaisons vont d’ailleurs probablement se formaliser entre différents prétendants. Tout cela sans compter que d’autres acteurs pourraient jouer un rôle plus secondaire : Bpifrance a par exemple laissé entendre qu’elle était prête à prendre une petite participation aux côtés du vainqueur des enchères.
Pour rappel, Sanofi travaille de son côté avec Rothschild & Co, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of America et BNP Paribas. Le groupe avait indiqué sa volonté de céder le contrôle de sa division de santé grand public pour se concentrer sur les traitements contre les maladies rares ou affectant le système immunitaire. Le périmètre mis sur le marché a généré un chiffre d’affaires de 5,3 milliards d’euros l’an passé. Il rassemble une grosse centaine de marques, ainsi que treize sites, dont deux basées en France, à Lisieux et à Compiègne.