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Continuer la lectureThales va protéger les satellites de Galileo, le « GPS européen »
La guerre en Ukraine a mis en lumière les vulnérabilités des constellations de satellites, comme la prochaine itération du système de positionnement Galileo.
L’Europe choisit un Français pour défendre ses satellites. L’agence spatiale européenne (ESA) a attribué un marché de 53 millions d’euros à Thales Sixt GTS France, pour renforcer la cybersécurité de Galileo deuxième génération (G2G). Cette constellation de satellites, qui revendique quatre milliards ...
Selon nos informations, Thales doit particulièrement veiller à l’intégrité du chiffrement du Public Regulated Service (PRS), un service de navigation réservé aux services de sécurité (police, garde-côtes, gardes-frontières) et de sécurité civile (ambulances, secouristes, pompiers). Le PRS assure la continuité du système de positionnement pour ses usages les plus vitaux, en particulier si le GNSS (global navigation satellite system), le service commercial de Galileo, venait à subir une panne ou un piratage.
« Nous surveillons notamment les cyberattaques exploitant les vulnérabilités informatiques des systèmes au sol pour ensuite ‘remonter’ jusqu’au système spatial », précise à L’Informé Lionel Salmon, directeur cybersécurité des systèmes critiques chez Thales. « Face au futur risque d’attaques utilisant des ordinateurs quantiques, nous étudions aussi les solutions de chiffrement post-quantique. Nous élaborons enfin des scénarios de menaces afin de tester la résilience du système. »
La menace apparaît élevée. Juste avant l’invasion de l’Ukraine, un groupe de hackers lié à la Russie avait déclenché depuis le sol une cyberattaque contre le réseau d’internet par satellite (et de télévision) KA-SAT opéré par Viasat, affectant ses performances. À l’image de Galileo, KA-SAT était utilisé par des clients publics – l’attaque avait mis à l’arrêt des éoliennes allemandes – mais aussi par les autorités et les militaires ukrainiens. À en croire un document de la CIA, la Chine elle aussi chercherait à pirater des satellites, en particulier américains.
L’Agence spatiale européenne a officiellement attribué, au cours des dernières semaines, près d’un milliard d’euros de contrats associés à Galileo deuxième génération, notamment à Thales Sixt GTS (France), Thales Alenia Space (Italie) et Airbus Defence & Space (Allemagne), portant à trois milliards d’euros l’investissement total dans le projet. Selon nos informations, Airbus Defence & Space a déjà remporté un marché à 36 millions d’euros axé sur la transmission de signaux dans l’espace ainsi que la « fiabilité, disponibilité, maintenance et sécurité » (RAMS).
Airbus et Thales apparaissent donc particulièrement influents dans le projet Galileo deuxième génération, que ce soit depuis la France ou via leurs filiales et coentreprises étrangères. Il y a deux ans, la conception des satellites de Galileo deuxième génération avait déjà été confiée à Thales et Airbus, et celle de ses horloges atomiques à Safran ainsi qu’à l’italien Leonardo – copropriétaire de Thales Alenia Space.