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Karafun, le Spotify du karaoké, se met en quête d’un investisseur

Très rentable, cette application française de streaming musical destinée tant au grand public qu’aux bars prépare une ouverture de son capital.

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PARILOV EGENIY / Parilov - stock.adobe.com

Karafun pourrait amener les fonds de private equity à se mettre sérieusement au karaoké. Derrière ce nom, se cache un service de streaming musical permettant de pousser la chansonnette sur un catalogue de 78 000 titres. Une application populaire qui pourrait bientôt changer d’envergure : ses fondateurs, les frères Barthélémy et Jean-Baptiste Defossez, cherchent aujourd’hui des alliés financiers pour faire grossir leur PME. Selon nos informations, ils ont récemment choisi de mandater la banque d’affaires Lincoln International pour plancher sur une ouverture à un investisseur. L’opération en est encore au stade des préparatifs, et la part du capital mise en jeu ne semble pas encore vraiment arrêtée.

Développée en 1995 pour le système d’exploitation MS-Dos (Microsoft), et aujourd’hui proposée sur mobile comme sur ordinateur, sur Apple comme sur Android, Karafun a de quoi séduire les fonds. L’entreprise générerait un Ebitda de l’ordre de 15 millions d’euros pour un chiffre d’affaires compris entre 30 et 35 millions d’euros. Avec une bonne part des ventes réalisée en dehors de France. Son business model, construit sur un système d’abonnements, repose sur plusieurs jambes. Son service de streaming s’adresse d’abord au grand public, débutant ou confirmé, qui peut souscrire une offre à partir de 8 euros par mois. Mais la société cible aussi une clientèle de professionnels, bars ou organisateurs de soirées en tête. « La société est parvenue à grossir pour une large partie grâce au bouche à oreille : on est assez loin de l’image d’Epinal de la start-up qui dépense sans compter dans le marketing pour attirer les clients », explique un proche du dossier.

En partenariat avec des franchisés, Karafun a par ailleurs choisi d’ouvrir des complexes de karaoké à Paris, Bruxelles, Lille et, depuis début novembre, Noyelles-Godault (Pas-de-Calais), où il est possible de privatiser des salles ou des pistes de danse pour des soirées. « Ces sites sont plutôt pensés comme des showrooms, l’entreprise n’entend pas forcément multiplier les ouvertures à tour de bras », croit cependant savoir une source financière.

Le catalogue de titres de Karafun a été développé en interne sur la base de musiques connues à partir d’une trentaine de studios d’enregistrement - un fond musical sur lequel veille jalousement une équipe dédiée à la gestion des droits.

Mais l’entreprise n’a pas mis tous ses œufs dans le même panier : le karaoké n’est pas le seul marché auquel Karafun s’adresse. Elle a aussi développé Jamzone, une autre application axée sur l’apprentissage de la musique (ou sur le perfectionnement). Celle-ci permet par exemple de s’exercer au piano, à la guitare ou à la batterie sur 50 000 titres.