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Finance - Conseil

Eduservices (Pigier, Iscom…) : la famille Grassaud pourrait changer de partenaires financiers

Ce groupe d’éducation privé de près de 44 000 étudiants est accompagné depuis plusieurs années par les fonds Capza, Parquest et Amundi Private Equity Funds.

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©Google Street View

À la tête d’Eduservices, Philippe Grassaud compte parmi les patrons de groupes d’éducation privée les plus influents de l’Hexagone. En une quinzaine d’années, l’homme d’affaires - classé 424e plus grande fortune de France par Challenges - et sa famille sont parvenus à créer un réseau d’une trentaine de campus, où évoluent près de 44 000 étudiants, dont 32 000 alternants et apprentis. Une success story qui doit beaucoup à l’action des fonds de private equity, dont les derniers en date, Capza d’un côté, Parquest et Amundi Private Equity Funds de l’autre, ont respectivement débarqué au capital en 2021 et 2019. Mais selon nos informations, les partenaires financiers du groupe pourraient prochainement changer.

Comme lors de la précédente transaction, la boutique de fusions-acquisitions D & A, représentée ici par son banquier Jean-Marc Dayan, a été mandatée pour refondre l’actionnariat d’Eduservices. « La famille Grassaud entend conserver la majorité du capital [ndlr, 84 % par le biais de la holding Ubibene], aux côtés de la direction emmenée par Vincent Dupuy, mais le solde devrait être revendu au plus offrant », précise un proche du dossier. Lors de son quatrième LBO, en 2021, Eduservices avait été valorisé près de 300 millions d’euros, selon nos confrères de Cfnews. Un prix représentant alors environ 10 fois l’Ebitda du groupe, dont le chiffre d’affaires était alors de 182 millions, toujours selon le même média. Depuis, le réseau a continué à grossir.

Au cours de son exercice clos en août 2023, Eduservices a affiché près de 306 millions d’euros de revenus pour un Ebitda de 39 millions. Une activité provenant aux trois quarts de la formation en alternance, le groupe étant à la tête de dix écoles nationales, Ipac Bachelor Factory, IHECF, Iscom, MBway, MyDigitalSchool, Pigier, StudioM, Ecole Internationale Tunon et Win, d’autant d’acteurs régionaux (Acfa Multimédia, Aftec, CimeArt, Esap, Esicad, Esimode, ESPL, Ipac, Isifa Plus Values, Supcréa, Studio Mercier) et de quatre centres de formation en ligne, CDAF, Ipac Online, Seira et, depuis mars 2022, l’École Française. Cette dernière, spécialisée dans les formations courtes financées par le CPF, avait fait l’objet d’un rocambolesque processus de cession. Une valorisation de 500 millions d’euros avait été évoquée dans la presse, avant que ce chiffre ne tombe finalement à… 50 millions, lors de son rachat par Eduservices, selon nos informations. Affichant un peu plus de 12 millions de revenus l’an dernier, l’École Française avait été ciblée, comme ses pairs, par une interdiction de démarchage commercial votée en 2022.

Un autre coup de canif réglementaire est venu entailler la croissance insolente des formations en alternance le 30 avril dernier. L’aide - jusqu’à 6 000 € par embauche - qui était accordée aux employeurs qui recrutaient de jeunes alternants en contrat de professionnalisation a pris fin. Et dans le cadre du budget 2025 du gouvernement, une coupe de l’ordre de 1,2 milliard d’euros est actuellement à l’étude sur les aides versées aux entreprises qui recrutent des apprentis.