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Ce Français qui s’en prend à Google, Kanye West et Adidas

Zoubier Harbaoui, un entrepreneur pour le moins atypique, s’amuse depuis plusieurs années à déposer les marques de grands groupes internationaux. Google, sa dernière cible, vient de le faire condamner pour avoir enregistré le terme Google Car.

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RASID NECATI ASLIM / Anadolu Agency via AFP

Kanye West, Adidas, Universal Music, et maintenant Google… Décidément, Zoubier Harbaoui n’a pas peur de se frotter à plus fort que lui. Le truc de cet entrepreneur ? Déposer à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) des marques déjà existantes et très connues mais dans des catégories nouvelles. Cela ne lui réussit pas toujours : il a, par exemple, enregistré Yeezy, le nom de la ligne de vêtements de Kanye West, parmi les produits pharmaceutiques ou les boissons… et s’est vu condamné pour fraude l’an dernier devant le tribunal de grande instance de Paris selon Lex Daily News. Mais cela ne l’empêche pas de tenter encore. Face à Google, ce drôle de dirigeant est même allé un peu plus loin. Alors que le projet d’une voiture autonome Google Car a souvent été évoqué dans la presse, le géant de Mountain View (Californie) n’a jamais déposé cette marque… Trop tentant pour Zoubier Harbaoui qui, lui, ne s’est pas géné.

Dans la foulée, une jeune pousse du même nom a été créée. Un site internet, googlecar.fr, a même été lancé pour présenter en vidéo et photo le concept d’une voiture autonome d’« un contrôle facile » avec « un design innovant et modulable ». Sans trop de surprise, le groupe américain n’a guère apprécié l’initiative. Il a attaqué l’atypique entrepreneur et vient de remporter son ultime combat devant la Cour de justice de l’Union européenne, a appris l’Informé.

Le PSG et Universal Music également visés

Cette rocambolesque affaire lui aura pris quatre ans tout de même ! En 2019, l’entreprise californienne commence par s’opposer à l’enregistrement de Google Car par Zoubier Harbaoui auprès de l’INPI. La demande de Google est alors partiellement acceptée par l’organisme. Partiellement seulement, car le projet de voiture autonome américain n’est pas mené par Google mais par Waymo, une autre filiale de la même maison mère Alphabet. Le moteur de recherche ne possède donc aucun droit sur la marque Google Car. Il revient à la charge en 2021 et demande cette fois la nullité de cet enregistrement « effectué de mauvaise foi ». À l’écouter, il s’agit d’une tentative de tirer profit de la réputation et de la renommée de son nom. Dans son argumentaire, il rapporte que, par le passé, le même homme avait aussi déposé les mots Adidas, Adidas One, Paris Sporting Group (PSG) ou encore Universal World Music. Courriers à l’appui, Google souligne ensuite que Zoubier Harbaoui, avait été contacté et répondu être « susceptible de retirer ses (…) marques françaises en contrepartie du versement d’une somme d’argent ». L’INPI donne alors raison à l’Américain et reconnaît la mauvaise foi avec une amende à la clef.

Pas de quoi entamer la détermination du dirigeant qui se défend devant l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO). Après avoir perdu une première manche devant la Cour de justice, il fait appel de cette décision. Sans succès donc. Mais pour l’heure, le site Internet Google Car est toujours accessible. Contacté, Google n’a pas souhaité faire de commentaires ni confirmé qu’il allait demander la fermeture de cette adresse. De son côté, Zoubier Harbaoui estime que cette ultime procédure devrait clore le sujet. « La dénomination de la société va être modifiée dans les prochaines semaines en GC One », indique-t-il à l’Informé.

Ses ennuis ne sont pas terminés pour autant. Car l’homme a aussi enregistré la marque Spacetrain, devenue, en 2017, le nom d’une start-up au projet étonnant : concevoir un train à hydrogène et sur coussin d’air ultrarapide pour relier Orléans à Paris en quinze minutes. La justice l’a condamné pour escroquerie à trois ans de prison ferme en janvier. Lui et Emeuric Gleizes, PDG de Spacetrain, étaient soupçonnés d’avoir détourné le chômage partiel dû aux salariés durant la période Covid. Les employés, tous recrutés grâce au dispositif « immigration choisie » ne pouvaient pas rompre leur contrat sous peine d’être expulsés du territoire comme l’a révélé France Bleu. Et au lieu de travailler sur la création d’un train, ils étaient contraints de développer un masque de protection contre le Covid.

« C’est l’injustice la plus totale, assure-t-il à L’Informé. Je ne suis pas responsable puisque je n’étais pas le président de la société, juste le directeur de projet. » Il a fait appel de cette décision et ajoute qu’il n’a jamais pu faire de tests de la navette prototype en raison de sa demande, refusée, d’utiliser une portion de voie précedemment créée par l’ingénieur Jean Bertin en 1968.  « Sans test, pas de preuve de fonctionnement, pas de commandes et pas de financement privé », conclut-il.