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Santé

Sanofi perd une bataille sur le juteux marché du diabète

La cour d’appel de Paris a condamné le laboratoire qui accusait son concurrent d’avoir contrefait son stylo injecteur d’insuline.

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PEAKSTOCK / SCIENCE PHOTO LIBRAR / Science Photo Library via AFP

C’est une lourde défaite que vient de subir Sanofi. Sur un marché stratégique qui plus est. Porté par une obésité galopante, le nombre de diabétiques n’en finit plus d’augmenter dans le monde (500 millions de personnes aujourd’hui) et les ventes des traitements spécialisés s’envolent, à plus de 40 milliards d’euros par an. Positionné de longue date sur ce segment, le laboratoire français y défend bec et ongles son produit star, le Lantus, un blockbuster représentant plus de 2 milliards d’euros par an à lui seul. Mais voilà, alors que le géant du CAC 40 attaquait son concurrent Mylan pour contrefaçon, l’affaire vient de se retourner contre lui : non seulement, Sanofi n’a pas obtenu gain de cause mais la Cour d’appel de Paris l’a condamné à 80 000 euros de dommages et intérêts selon nos informations.

La bataille ne portait pas directement sur le Lantus mais sur le stylo qui permet de l’injecter. Car le brevet sur cette insuline innovante est tombé en 2015 : comme le laboratoire ne peut donc plus contrer les génériques en tant que tel, il espère contenir la concurrence en défendant son stylo-seringue spécifique, un dispositif « autopiqueur » simple d’utilisation qui facilite grandement la vie des patients. Alors quand en 2017, le groupe tricolore découvre que la société Mylan, déjà à l’origine d’un générique du Lantus (le Baselog) souhaite lancer un stylo injecteur pour administrer son médicament en France, Sanofi réagit immédiatement et fait saisir plusieurs exemplaires du dispositif concurrent pour les analyser et les comparer au sien. Bien sûr, les stylos autopiqueurs sont déjà nombreux sur le marché – ils associent tous un bloc longitudinal à une cartouche rechargeable — mais leur conception présente aussi des différences. Et en l’occurrence, Sanofi estime que le modèle de Mylan bafoue ses propres brevets.

Le stylo autopiqueur de Sanofi manquerait de créativité inventive

Ses arguments ont d’ailleurs été entendus en première instance… Mais pas en appel. Si la cour a bien noté les qualités de son stylo (sa taille compacte, sa fiabilité…), elle n’a pas reconnu la « créativité inventive » de ses éléments constitutifs (la tige de piston, les rondelles-ressort…). « Nous regrettons la décision rendue par la Cour d’appel de Paris et ne partageons pas la position de cette dernière », assure Sanofi à l’Informé, tout en rappelant que la validité de son brevet a été confirmée par l’Office Européen des brevets. La société étudie actuellement les voies de recours possibles. Mais Mylan, devenue Viatris entre temps, peut désormais mettre son produit sur le marché.

Contacté, Viatris n’a pas souhaité réagir.