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Santé

Ehpad : DomusVi tente de renégocier 2,2 milliards d’euros de dettes

Le numéro 2 du secteur cherche à repousser à 2029 ses principales échéances. Ses actionnaires s’engagent à réinjecter 100 millions d’euros dans l’immédiat.

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Antonio Diaz / AntonioDiaz - stock.adobe.com

Criblés de dettes, les Ehpads privés continuent de négocier avec leurs créanciers. Après la purge imposée à Orpéa et la restructuration financière encore en cours de Clariane (ex-Korian), d’autres groupes se sont lancés dans des discussions plus « soft ». C’est le cas de DomusVi, numéro 2 du secteur en France avec 240 maisons de retraite médicalisées et résidences senior, par ailleurs présent en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne ou en Amérique latine. L’entreprise est en pleine renégociation de sa dette, comme l’a évoqué Challenges dans une brève de son magazine du 19 juin. Selon nos informations, DomusVi cherche précisément à repousser de trois ans l’arrivée à échéance de près de 2,2 milliards de créances héritées de ses LBO successifs - la dernière opération remontant à fin 2021, avec comme actionnaires principaux le fonds britannique ICG et le fondateur du groupe, Yves Journel.

Conseillé ici par Lazard, le groupe a initié les discussions avec les créanciers il y a quelques jours. Dans le détail, il s’agit de reporter la maturité de 1,97 milliard de dette de type « term-loan B » (remboursable à l’échéance) et de 190 millions de lignes de crédit renouvelables, moyennant une hausse des intérêts. Les créanciers sont aujourd’hui menés par quatre banques, BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, Deutsche Bank et Natixis. « Le marché de la dette reste très porteur : les marges de crédit se sont considérablement resserrées depuis le début de la guerre en Ukraine, commente un banquier de financement. Pour l’instant, on constate peu de réactions liées à l’incertitude des élections législatives. »

Les actionnaires ont vocation à apporter des liquidités en parallèle à cette opération. Il est d’ores et déjà prévu qu’ils réinjectent dans l’immédiat 100 millions d’euros, afin d’aider la société à rembourser certaines autres échéances de dette. Pour dégager du cash, le groupe prévoit, en outre, de se séparer de quelques-uns de ses actifs d’ici à juillet 2025 - son activité de cliniques psychiatriques en Espagne est notamment citée. S’il n’y parvient pas, les actionnaires apporteraient 100 millions d’euros de plus. Ces derniers sont très nombreux aux côtés d’ICG et d’Yves Journel. Lors de la recomposition du capital de 2021, le patron s’était assuré au travers d’holdings qu’il contrôle le soutien d’investisseurs comme Mérieux Equity Partners, UI Investissement, BNP Paribas AM, CNP Assurances, la Macif, Arkéa ou encore Bpifrance.

Pour rappel, dans la foulée de la crise sanitaire et en réaction aux scandales de maltraitance chez Orpéa révélées début 2022, le secteur a connu une baisse des taux d’occupation de ses établissements. Certains opérateurs semblent s’en être un peu mieux sortis : à cet égard, certaines sources laissent entendre que DomusVi a été relativement moins frappé par la désaffection des résidents. Le groupe, qui avait généré un peu moins de 2,5 milliards de chiffre d’affaires en 2023 pour 270 millions d’euros d’Ebitda (après loyers) a néanmoins été confronté à la spirale inflationniste qui s’est amorcée il y a deux ans. II serait toutefois parvenu à compenser la hausse de ses coûts dans ses tarifs.