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Industrie

Buffet Crampon pourrait retourner dans l’escarcelle du fonds Argos Wityu

Depuis 2012, le numéro un mondial de la fabrication d’instruments à vent haut de gamme est détenu par Trail Capital, précédemment connu sous le nom de Fondations Capital.

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MAXIME GRUSS / Hans Lucas via AFP

Buffet Crampon pourrait être fixé sur son avenir dans les prochaines semaines. Selon nos informations, le numéro un mondial de la fabrication d’instruments à vent haut de gamme est en négociations exclusives avec Argos Wityu. Le fonds, présidé par Louis Godron - l’ancien patron de l’association française des fonds d’investissement France Invest -, marche cependant sur des œufs et rien ne dit que les discussions aboutissent. « À date, il y a moins d’une chance sur deux pour qu’Argos fasse cette opération », souffle une source.

Depuis le début du processus de cession, orchestré par Transaction R (l’entité « small cap » de la banque d’affaires Rothschild & Co), Argos Wityu est considéré comme l’acheteur naturel de Buffet Crampon. Et pour cause, il connaît parfaitement l’entreprise puisqu’il en était l’actionnaire entre 2006 et 2012, avant de la céder pour 60 millions d’euros à Trail Capital (anciennement Fondations Capital), le fonds de l’ancien codirecteur des investissements d’Eurazeo Xavier Marin. Argos Wityu est aussi propriétaire d’un autre groupe bien connu des mélomanes, Henri Selmer Paris. « Ce prestigieux fabricant français de saxophones a connu des problèmes de production et affiche de faibles performances financières, mentionne un proche du dossier. Un rapprochement avec Buffet Crampon pourrait être vecteur de synergies. »

Seul en lice, Argos Wityu ne dispose cependant que d’une faible marge de manœuvre pour opérer ce rapprochement. Son dernier véhicule d’investissement, levé en 2022, lui avait permis de récolter près de 500 millions d’euros. Or le rachat de Buffet Crampon pourrait se nouer autour d’une valorisation comprise entre 160 et 170 millions d’euros, ce qui impliquerait l’apport de 80 millions d’euros (le reste étant financé par une dette LBO). « Il faudrait qu’il puisse lever un fonds spécifique pour ne pas déroger aux règles qui limitent le poids des participations dans un portefeuille à un certain pourcentage », explique une source.

Il y a quelques mois, Trail Capital espérait encore pouvoir valoriser sa pépite près de 210 millions d’euros. L’ETI basée à Mantes-la-Ville affiche plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires pour un Ebitda proche de 20 millions, a appris l’Informé.

Contactées, les différentes parties n’ont pas souhaité commenter.