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Finance - Conseil

Private equity : BNP Paribas Cardif vise des cessions record

La filiale d’assurances de la banque de la rue d’Antin souhaite vendre des parts de fonds pour plusieurs centaines de millions d’euros.

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Alamy Stock Photo / Abaca

On la trouve en bonne place parmi les grands argentiers du private equity - ceux que ce petit milieu appelle les « limited partners » (ou LPs). BNP Paribas Cardif, la filiale d’assurances du géant bancaire français, investit depuis longtemps dans les fonds de LBO voire de capital-risque pour devenir actionnaire indirect d’entreprises non-cotées. Son objectif ? Bénéficier des plus-values que visent les gérants en revendant leurs participations, l’argent étant rendu pour l’essentiel aux souscripteurs vers la fin des dix ans de vie des véhicules. Les investisseurs comme Cardif attendent des rendements attractifs de ces placements censés récompenser leur patience… Mais il arrive aussi qu’ils accélèrent un peu le calendrier ! Ainsi, selon nos informations, BNP Paribas Cardif compte se défaire, avant l’heure, d’un gros portefeuille de positions dans des dizaines de fonds de private equity ou d’infrastructures européens et américains. Il se tournera, pour cela, sur le marché de l’occasion du private equity, où l’attendent des acteurs dotés de fonds spécialisés (Ardian, Blackstone, Coller Capital, Lexington…).

Pour organiser la cession, la compagnie a mandaté Evercore, une banque d’affaires américaine réputée pour son savoir-faire sur ce segment. L’opération pourrait être l’une des plus grosses effectuées par un assureur français, même si certains comme Axa ou CNP Assurances alimentent régulièrement le marché avec des ventes assez significatives. Selon plusieurs sources, la transaction pourrait dépasser la barre du milliard d’euros. Certes, la valeur liquidative du portefeuille (« net asset value » ou NAV) serait plutôt estimée à 800 millions d’euros et une décote est, en outre, attendue : sur le marché secondaire, les actifs s’échangent traditionnellement avec un rabais par rapport à la NAV qui dépend de la concurrence entre acheteurs, de la qualité du portefeuille de fonds, de leur maturité, etc. Mais le portefeuille mis en vente inclurait des promesses d’investissements prises par Cardif auprès des gérants de fonds mais qui n’ont pas encore été décaissés. Ces engagements - dans le jargon, on parle de « capital non-appelé » - ont vocation à se transformer en actifs.

En dépit de cette cession, Cardif n’aurait pas l’intention de réduire la voilure dans le private equity. Comme beaucoup d’institutionnels avant lui, l’assureur se sert du marché secondaire pour faire tourner son portefeuille. En d’autres termes, il recharge sa capacité d’investissement : il souhaite récupérer de l’argent pour parier sur de nouveaux fonds. L’opération doit aussi être remise dans son contexte, particulier : BNP Paribas revoit actuellement l’organisation de son activité Private equity. En 2023, la banque a rapproché dans le nouveau pôle Actifs privés de sa filiale BNP Paribas Asset Management plusieurs équipes de gestion qui couvraient ses investissements dans ces marchés depuis différentes entités du groupe, dont Cardif. L’assureur a néanmoins conservé en interne un service dédié… et BNP Paribas Asset Management ne serait pas impliqué dans la cession d’actifs en cours.

A noter que Cardif passe à la vente au moment où le marché du private equity secondaire atteint des sommets. Dans son indice consacré à ce segment, l’agent de placement et conseil financier Jasmin Capital estime que les volumes de transactions devraient atteindre 137 milliards de dollars en 2024, au coude à coude avec l’activité record enregistrée en 2021 (134 milliards). Les fonds spécialisés dans cette stratégie ont levé 110 milliards l’an passé, et leur capacité d’investissement s’élevait à 150 milliards en début d’année.

Interrogé par l’Informé sur l’opération en cours, Cardif n’a pas souhaité faire de commentaires.