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Continuer la lectureAcide hyaluronique injectable : la France veut interdire la vente en ligne
Ces seringues antirides qui servent aussi à repulper lèvres et pommettes peuvent s’avérer dangereuses. Leur commercialisation sera aussi soumise à prescription en pharmacie.
« Repulpage express », « Russian lips + rhinoplastie pour 350 euros » ...quelques clics sur Instagram ou Google suffisent pour tomber sur une publicité vantant les mérites de l’acide hyaluronique injectable. Des réclames souvent amplifiées par des influenceurs peu scrupuleux auprès de leur communauté. C’est pour lutter contre cette dérive que, selon nos informations, la direction générale de la Santé vient de notifier à la Commission européenne un décret visant à proscrire la vente en ligne de ce produit et à la restreindre en pharmacie.
Principalement utilisé pour combler les rides, mais aussi pour modifier le modelage du visage ou du corps, ce cousin du Botox profite de la « croissance exponentielle » des produits injectables en médecine esthétique selon le cabinet Xerfi. Leurs ventes annuelles mondiales ont bondi de 30 % en 2021 et affichent une croissance deux fois plus rapide que le marché global de la médecine esthétique, qui devrait atteindre 4 milliards d’euros en 2025, contre 3,63 milliards en 2022.
Des injecteurs peu scrupuleux
En France, le gouvernement constate que les injections clandestines prolifèrent grâce aux réseaux sociaux, notamment chez les jeunes adultes et les mineurs. « Ces injections sont dangereuses puisqu’elles peuvent induire des effets indésirables graves allant notamment jusqu’à la nécrose des tissus » assure le ministère de la Santé en défense de son projet de décret. Injecté au mauvais endroit, le produit peut en effet obstruer une artère et interrompre l’irrigation de la zone du corps concernée. De nombreuses plaintes ont déjà été déposées et des personnes mises en cause pour exercice illégal de la médecine.
« Il y a aujourd’hui de très nombreux « fake injectors » qui pullulent » confirme l’Institut Sapiens dans un livre blanc publié le 31 octobre dernier pour le compte de la Clinique des Champs-Élysées, premier acteur de la chirurgie esthétique en France.
Médecins et pharmaciens en bisbille
Le décret encadre aussi plus strictement la vente de l’acide hyaluronique injectable en pharmacie. Désormais, celle-ci ne se fera que sur prescription d’un médecin esthétique, ou d’un chirurgien-dentiste pour une visée thérapeutique uniquement, alors que certains dentistes pratiquaient des injections esthétiques. Une mesure qui correspond à ce que proposait l’Ordre des pharmaciens.
Fin du débat ? Pas vraiment. Les professionnels de la médecine esthétique aimeraient que les pouvoirs publics aillent encore plus loin et leur confient le monopole de l’achat et donc de l’administration du produit. Il faut dire que cet anti-ride leur offre des marges impressionnantes : alors que la seringue de 1 millilitre est vendue en ligne de 50 à 80 euros, la Clinique des Champs-Elysées réclame par exemple entre 330 à 450 euros pour combler les rides, ce qui ne consomme que 2 ou 3 ml de produit. Et les tarifs sont encore plus importants pour des soins plus spécifiques, comme l’augmentation du fessier, du pénis, des coussinets des pieds ou l’amplification du point G.