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Médias - Culture

Stade toulousain : les Rouge et Noir dans le vert, merci l’État !

Le club de rugby a clôturé un exercice 2022 réussi sur le plan financier. Avec des recettes post-covid en forte hausse, doublées d’un gros coup de pouce de l’État.

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CHARLY TRIBALLEAU / AFP

La saison dernière, le Stade toulousain n’aura pas franchement brillé sur le terrain, s’arrêtant en demi-finale du championnat de France, et au même stade de la compétition pour la Coupe d’Europe. Mais sur le plan financier, c’est une toute autre histoire : le bilan de sa saison 2021-2022 est excelle...

Mais soyons clairs, plus qu’aux joueurs, cette performance est à mettre au crédit… de l’État. Le club a notamment bénéficié d’exonérations URSSAF et d’une aide du fonds de solidarité pour faire face à la pandémie, comme y avaient droit les entreprises de l’hôtellerie, de la restauration, du tourisme ou du sport. Ces (gros) coups de pouce publics, chiffrés à 3,85 millions d’euros, ont été comptabilisés comme un élément exceptionnel. Autant dire que sans eux, les finances de la SASP Stade Toulousain auraient été beaucoup moins brillantes. Depuis sept ans, le club affiche un résultat d’exploitation dans le rouge et un résultat net proche de zéro. Pour attirer du monde en tribune, il compte pourtant dans ses rangs l’un des meilleurs joueurs du monde - le demi de mêlée Antoine Dupont - et pléthore d’internationaux (Thomas Ramos, Romain Ntamack, Cyril Baille, Dorian Aldegheri, pour ne citer qu’eux…).

Dans le détail, les partenariats et le sponsoring ont représenté 15,7 millions de revenus (37 % des recettes du club) en 2021-2022 et les sommes versées par la Ligue Nationale de Rugby se sont élevées à 7,2 millions (essentiellement les droits télé de Canal+). Du côté de ce que certains appellent « l’économie du réel », le poste billetterie et abonnements a représenté 8,3 millions d’euros, soit 20 % du chiffre d’affaires (contre à peine 136 000 euros un an plus tôt). Suivent les ventes de produits dérivés et autres marchandises (6,2 millions). Sans oublier l’apport non négligeable des buvettes (1,5 million) et de la brasserie du Stade (plus d’un million d’euros), qui accueille déjeuners d’affaires et repas d’amis, sous le regard des anciennes gloires du ballon ovale immortalisées en photo. Enfin, loin des sommes folles générées par le ballon rond, on apprend à la lecture des comptes du Stade toulousain que les transferts de joueurs et d’un membre de l’encadrement ont généré près de 1,3 million d’euros de recettes en 2021-2022.

À la différence du football, qui compte sur des droits télévisés très conséquents, l’économie du rugby se construit par agrégation de tout cet ensemble de ressources, pas faciles à faire croître. « La majorité des clubs a eu des résultats moins dégradés que prévu, mais tout le monde doit trouver de nouvelles sources de revenus glisse à L’Informé un fin connaisseur du monde du rugby. Ne serait-ce que pour faire face aux charges qui vont remonter avec le remboursement prévu des PGE.  » Sollicité par l’Informé, le Stade toulousain ne nous avait pas répondu au moment de la publication.

Des abonnés généreux envers leur club
En raison de la pandémie, synonyme de tribunes fermées pendant l’essentiel de la saison 2020, les abonnés se sont vu proposer des avoirs à utiliser l’année suivante. Mais ils pouvaient aussi décider de les reverser au club pour l’aider à tenir le coup. Cet appel à la solidarité a fonctionné. Sur près de 600 000 euros d’avoirs générés lors de la saison 2020, 336 000 ont été reversés au bénéfice du club. En 2021, ce sont encore 44 000 euros qui n’ont pas été réclamés par les spectateurs, et sont retournés dans les caisses.