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Continuer la lecturePourquoi Claude François junior risque la faillite personnelle
Le fils du célèbre chanteur paye les difficultés de sa société de production. La procédure pourrait compliquer son projet de transformation en hôtel-restaurant du moulin de Dannemois, la demeure historique de la star.
« Ça s’en va, et ça revient », chantait Claude François en 1973. Plus de cinquante ans après, son fils aîné, nommé Claude François lui aussi, doit également faire face à des hauts et des bas. Cet hiver, c’était un haut : le succès inattendu du Loup, la publicité de Noël d’Intermarché, (re) mettait dans les oreilles de millions de personnes Le Mal-aimé, l’un des tubes de Clo-Clo. Auprès de Paris Match ou de C à vous sur France 5, Claude François « junior », qui s’attache à faire fructifier l’œuvre paternelle, se réjouissait de ce « jackpot de notoriété ».
Mais voilà qu’en ce printemps, les nouvelles sont moins bonnes. L’héritier est rattrapé par la faillite de sa société, Flèche productions, survenue en 2020. Selon nos informations, il risque une mise en faillite personnelle. Claude François « junior » a créé Flèche productions à l’âge de 25 ans, en 1993. La société lui permettait de gérer le droit à l’image de son père, et de produire quelques spectacles, comme les one man shows de l’humoriste Patrick Bosso et des pièces de théâtre.
Mais il est accusé d’avoir commis des fautes de gestion à la fin des années 2010, alors que les difficultés s’accumulaient pour la structure. Principal grief : l’absence de déclaration de cessation de paiement dans les délais légaux, malgré une trésorerie au plus mal. À l’époque, les caisses de prévoyance et de retraite complémentaire, lassées des impayés de cotisations, avaient assigné l’entreprise, déclenchant sa mise en redressement judiciaire en avril 2019, puis en liquidation un an plus tard. Les dernières années, les comptes n’auraient pas non plus été tenus et arrêtés en temps et en heure. Lors d’une audience tenue ce lundi 8 juin au tribunal des activités économiques de Paris, le procureur de la République a requis cinq ans de faillite personnelle pour Claude François « junior ». Sollicité par l’intermédiaire de son avocat, ce dernier n’a pas donné suite.
Seule note positive, il vient au moins d’échapper à certains ennuis liés à ce désagréable épisode. Le liquidateur judiciaire de Flèche productions entendait lui faire payer l’ardoise laissée par l’entreprise - un passif dépassant les 100 000 euros ! Un accord a finalement été trouvé : il a remboursé 50 000 euros sur ses deniers personnels contre l’abandon, début mai, de ce volet des poursuites.
Mais une éventuelle mise en faillite personnelle pourrait compliquer la vie de celui qui, comme le racontait Le Monde en 2024, fourmille toujours de projets autour de la mémoire de son père. Son grand dessein : racheter le moulin de Dannemois (Essonne), demeure historique du chanteur. La bâtisse avait été revendue par les héritiers en raison des dettes laissées par Clo-Clo à son décès. Si le domaine est en partie ouvert à la visite aujourd’hui, Claude François « junior » voudrait y créer un hôtel, un restaurant et un musée à la hauteur de la popularité de son père. Au mois de janvier, il assurait au magazine Gala être « au stade de la promesse de vente » pour racheter le moulin.
Problème : une mise en faillite personnelle impliquerait une interdiction de gérer et de contrôler, même indirectement, une société commerciale. De quoi nécessiter, s’il vient à être condamné, quelques acrobaties pour mener à terme le projet à Dannemois. Le tribunal des affaires économiques rendra son verdict à la rentrée.