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Ersilia Soudais condamnée aux prud’hommes pour inégalité de traitement

La députée LFI aurait privilégié un de ses proches au détriment d’une attachée parlementaire, dont le CDI avait pris fin en pleine période d’essai.

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TELMO PINTO / NurPhoto via AFP

Voilà un jugement qui pourrait embarrasser La France Insoumise. Comme nous l’avions révélé, l’affaire avait été plaidée le 16 octobre dernier aux prud’hommes de Paris : une ex-collaboratrice de la députée LFI Ersilia Soudais l’attaquait, notamment pour rupture abusive et inégalité de traitement. La décision est tombée ce mardi 13 janvier : l’élue est condamnée pour « inégalité de traitement ». Entre dommages et intérêts, rappel de salaires, congés payés afférents et indemnisation des frais de justice, elle devra lui verser 2 586 euros. Un montant assez léger mais qui tient compte de la faible ancienneté de la plaignante.

Rappel des faits. Le 8 janvier 2024, Isabelle* est engagée en CDI comme attachée parlementaire pour « 104 jours annuels en forfait jour » (une sorte de mi-temps) et une rémunération mensuelle de 1 656 euros. Mais, elle quitte le cabinet dès le 15 mars 2024, durant sa période d’essai. « Je ne sais pas comment te le dire, ça ne le fait pas », lui aurait indiqué Ersilia Soudais en guise de justification au dire de l’ancienne collab’. Mais selon son avocate, Me Carole Vercheyre-Grard, cette décision cache une autre raison : donner le poste de sa cliente à un autre assistant parlementaire, avec lequel Ersilia Soudais aurait eu « une relation intime » début 2024. Or, cet attaché qui a le statut « d’étudiant étranger » est employé 17 heures 30 par semaine, avec une meilleure rémunération qu’Isabelle. « Pourquoi touche-t-elle moins d’argent que ce monsieur ?, avait lancé Me Vercheyre-Grard à la barre. Comment c’est possible ? Qu’est-ce qui justifie cette inégalité de traitement ?  ». Une inégalité de traitement qui se traduit aussi, selon elle, par un temps plein accordé « curieusement » au monsieur en question, peu de temps avant que la jeune femme soit convoquée par la parlementaire pour que leur collaboration prenne fin.

Lors de l’audience du 16 octobre, l’avocate d’Ersilia Soudais, Me Marlène Elmassian, avait justifié ce traitement différent. « Elle se compare avec quelqu’un qui connaît les affaires étrangères, a été directeur de cabinet d’un candidat [à une élection, ndlr] en Tunisie et journaliste pendant des années. Ce ne sont pas des situations comparables. Monsieur maîtrise l’arabe, pas madame qui n’a jamais gardé un emploi plus d’un an. »

Le tribunal n’a pas retenu les arguments avancés par la robe noire. Il a condamné Ersilia Soudais à verser à la plaignante 260 euros au titre de la différence de salaire avec l’autre collaborateur, 26 euros de congés payés afférents, 800 euros de dommages et intérêts pour inégalité de traitement et 1 500 euros au titre de l’article 700 (indemnisation des frais d’avocat engagés). Les prud’hommes n’ont en revanche pas retenu la qualification de rupture abusive, également demandée par Isabelle.

Contacté, le cabinet d’Ersilia Soudais n’avait pas répondu à nos sollicitations à l’heure de notre publication.
*Le prénom a été changé.