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Continuer la lectureErsilia Soudais accusée d’avoir rompu abusivement le CDI d’une collaboratrice
La députée LFI aurait écarté son ex-attachée parlementaire au profit d’un de ses proches. Emmenée aux prud’hommes, l’élue parle à l’inverse d’une démission.
Un surprenant litige s’est déroulé aux prud’hommes de Paris le 16 octobre dernier. Il opposait Ersilia Soudais et Isabelle (1), son ex-attachée parlementaire, toutes deux présentes à la barre. Cette dernière réclamait plus de 16 000 euros, notamment pour rupture abusive et inégalité de traitement de ...
Inégalité de traitement
Ce n’est cependant pas le cœur du débat. Avant la rupture, Isabelle était chargée des relations dans la circonscription de la députée en Seine-et-Marne, parce qu’elle y avait une implantation locale. Elle avait cependant compris qu’elle aurait un poste au Palais Bourbon, indique son avocate. Un jour, dans la boîte mail professionnelle d’Ersilia Soudais à laquelle elle a accès dans l’exercice de ses fonctions, Isabelle découvre qu’un autre attaché parlementaire a été engagé en même temps qu’elle. Et qu’il « fait le travail qu’elle devait faire à l’Assemblée nationale », précise son avocate. Cet attaché parlementaire qui a le statut « d’étudiant étranger », est employé 17 heures 30 par semaine et gagne davantage qu’elle. Isabelle comprend qu’un temps plein lui sera accordé « curieusement » peu de temps avant d’être convoquée par la parlementaire. « Qu’est-ce qui justifie cette inégalité de traitement ? », interroge Me Vercheyre-Grard. Isabelle affirme avoir appris plus tard qu’Ersilia Soudais avait « une relation intime qui a débuté début 2024 en Jordanie » avec cet attaché parlementaire désormais employé à temps plein à l’Assemblée nationale. Pour l’avocate d’Isabelle voilà la raison de son éviction. Une raison « qui n’est pas juridique », selon elle.
« Elle ne parle pas arabe »
Faire état de la vie privée de sa cliente ? En défense, l’avocate de la députée n’a pas manqué de relever « le caractère indécent » de cette révélation. Elle a rejeté tous les griefs et notamment l’inégalité de traitement : « Elle se compare avec quelqu’un qui connaît les affaires étrangères, a été directeur de cabinet d’un candidat [à une élection, ndlr] en Tunisie et journaliste pendant des années. Ce ne sont pas des situations comparables. Monsieur maîtrise l’arabe, pas madame qui n’a jamais gardé un emploi plus d’un an ».
« En quoi est-ce important pour un collaborateur parlementaire de parler arabe ? », interroge une conseillère prud’homale. « Pour les postes où il était impératif de parler arabe », répond l’avocate de la parlementaire. La conseillère insiste : « Ce n’est pas lié à son poste ? Si ? » « Quand je rencontre des associations de femmes, il me faut un interprète », justifie Ersilia Soudais. L’avocate d’Isabelle reprend la parole : « Dans l’offre d’emploi, il n’était pas indiqué qu’il fallait parler arabe ». Elle demande « une condamnation exemplaire pour quelqu’un qui donne des leçons de morale à tout le monde ». La décision sera rendue en janvier 2026.
Contacté, l’entourage d’Ersilia Soudais indique à l’Informé « qu’il n’y a pas eu de rupture de contrat de la part de Madame la Députée. L’assistante parlementaire a démissionné pendant sa période d’essai ». Au sujet de la nature de ses relations avec l’autre assistant, « madame la Députée ne souhaite pas répondre à des allégations que le tribunal des prud’hommes n’a pas considérées pertinentes ».
(1) Le prénom a été changé