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Continuer la lectureCFE-CGC : déjà deux candidats en piste pour succéder à François Hommeril
L’actuel président du syndicat des cadres ne peut se représenter à un quatrième mandat. La confédération doit se choisir un nouveau patron en juin prochain.
Ce pourrait être une première historique pour la CFE-CGC et une première aussi pour une confédération représentative. Un représentant issu du secteur bancaire pourrait être élu à la tête de la Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC), lors du prochain con...
La candidature de Frédéric Guyonnet marque la montée en puissance du tertiaire à la CFE-CGC, qui représenterait désormais deux tiers des adhérents de la confédération. Elle signe aussi le succès du SNB qui est devenu le premier syndicat du secteur bancaire, avec 29 000 adhérents (sans compter le SNECA du Crédit agricole) sur les 370 000 salariés que compte la branche. Dans sa campagne, Frédéric Guyonnet pourra compter sur le soutien de Christophe Roth, un des piliers du syndicat Alliance Police nationale (affilié à la CFE-CGC). Ancien président de l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées), il est aujourd’hui secrétaire national confédéral à l’accessibilité et à l’égalité des chances. Il apporterait le soutien de la fédération de la fonction publique.
Le projet du tandem ? « Rapprocher la confédération des territoires et de s’appuyer sur les sections locales pour mener les luttes syndicales en faisant une pression plus forte sur les élus locaux », selon une source proche. « L’ambition est aussi de redonner du sens à l’engagement syndical en apportant plus de services qui répondent aux attentes des salariés, comme la protection juridique ou l’appui de psychologues cliniciens », précise ce même connaisseur du dossier. Frédéric Guyonnet, qui s’était opposé à la dernière réforme des retraites, entend aussi plaider « en faveur d’une réindustrialisation du pays via de meilleures conditions pour l’innovation et les chercheurs », selon notre source.
Outsider, Frédéric Guyonnet vise le leadership face aux puissantes fédérations de la métallurgie et de la chimie, d’où est traditionnellement issu le président confédéral. Celles-ci ne se sont pas encore décidées mais, selon nos informations, Christelle Thieffinne, actuelle secrétaire nationale CFE-CGC à la protection sociale, leur a présenté sa candidature pour la présidence de la confédération. « Elle devrait être candidate mais le soutien des fédérations industrielles n’est pas encore 100 % acquis, juge un bon connaisseur des arcanes du syndicat. Le sujet fait encore l’objet de débat. » Issue de la fédération de la métallurgie, première de la CFE-CGC avec plus de 36 000 adhérents, cette militante de Thales AVS a été cheffe de file des négociations sur la réforme des retraites, jusqu’au conclave réuni à Matignon par François Bayrou. Elle devrait former un ticket avec William Viry-Allemoz, salarié chez Engie qui a piloté la fédération CFE-CGC Énergies de 2014 à 2020.
Alors que François Hommeril a toujours été élu sans candidat face à lui, il n’est pas exclu que, pour cette élection qui marquera le début d’une nouvelle époque, un troisième homme présente sa candidature au congrès confédéral. « Les deux candidats sont sous pression, observe une source en interne. Entre l’industrie d’un côté et les services de l’autre, certaines fédérations se positionnent comme faiseurs de roi. Mais il se pourrait qu’un autre dirigeant se décide finalement à y aller tout seul. » La date limite pour officialiser les candidatures et leurs soutiens est fixée en mars prochain.