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Industrie

Méga-contrat sur les chars Leclerc émiratis : le directeur local de KNDS fragilisé

Les mauvaises relations entre Dominique Morisset et ses interlocuteurs des Émirats arabes unis compliquent la signature espérée d’un deal à 2,5 milliards d’euros, portant sur la modernisation des chars Leclerc de l’armée des Émirats arabes unis.

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LUDOVIC MARIN / AFP

Face aux frappes iraniennes, les velléités de réarmement des Émirats arabes unis profitent à certains groupes de défense. Pas sûr que ce soit le cas pour KNDS. Selon plusieurs sources concordantes, Dominique Morisset, délégué général de l’entreprise aux EAU et directeur de sa filiale émiratie KNDS Em...

Le groupe franco-allemand joue gros dans cet État du Golfe. S’il a récemment décroché un contrat à 200 millions d’euros pour mettre à niveau la flotte de blindés de l’armée de terre, il attend toujours la signature du méga-contrat de modernisation des chars Leclerc émiratis, estimé à 2,5 milliards d’euros, qui pourrait in fine lui échapper. Et son délégué général ne lui faciliterait pas la tâche. « Dominique Morisset a déjà beaucoup énervé l’agence d’acquisition d’armement Tawazun et le ministère de la défense, affirme une source proche du dossier. Lors d’une réunion de travail chez Tawazun, ils ont dit au groupe que tant qu’il serait là, KNDS n’aurait pas le contrat de modernisation des chars Leclerc. »« [Il est jugé] très pédant et donneur de leçons [par les Émiratis], confie une autre. Le sujet est [pourtant] stratégique, mais pas pris au sérieux. Il n’est pas concentré sur KNDS et le contrat Leclerc, il papillonne. »

Double casquette

Il faut dire que, toujours selon nos sources, le délégué général conduit discrètement d’autres activités en parallèle de son mandat. Dominique Morisset fait notamment partie des associés de la branche française de la société BLConsulting, un cabinet de diplomatie d’affaires basé à Abou Dhabi, dirigé par le français Thierry Blanc, qui aide les nouveaux acteurs tricolores du spatial à accéder au marché émirati.

Au sein de BLConsulting, il est associé à plusieurs officiers français principalement issus du Commandement de l’espace : Thierry Blanc, ex-adjoint au Commandant de l’espace ; Christophe Mérieult, ex-Officier général adjoint au Commandement de l’espace ; et Jean-Daniel Testé, ex-commandant interarmées de l’espace passé par la Direction du renseignement militaire (DRM) et l’OTAN. L’ex-commandant de l’espace Philippe Adam a, lui aussi, récemment rejoint la structure en tant que consultant. Il ne détient toutefois pas de participation.

Avec cette double casquette, le délégué général semble froisser une partie du microcosme franco-émirati de la défense et du spatial. Prépare-t-il simplement l’avenir ? Bien des connaisseurs le voient en tous cas aujourd’hui sur un siège éjectable chez KNDS. Mais le groupe dément formellement : « L’ensemble de nos campagnes (...) en cours font l’objet des efforts des équipes commerciales pour apporter aux forces émiriennes pleine satisfaction, commente l’industriel. Ainsi, la direction générale du groupe KNDS renouvelle toute sa confiance à son délégué général aux Émirats Arabes Unis. »

De son côté, Dominique Morisset ajoute : « Les interprétations que vous évoquez concernant mes relations avec les interlocuteurs émiratis ou la conduite des discussions relatives au programme Leclerc ne correspondent pas à la réalité. Les propos cités anonymement dans votre message sont manifestement spéculatifs et ne reflètent ni les faits ni mon action professionnelle. Par ailleurs, il n’existe aucun conflit lié à mon lien actionnarial avec le cabinet que vous mentionnez. »