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Médias - Culture

De TPMP au tribunal de Béthune, la double vie de Bryan Rouzé, victime de la « maison de l’horreur »

Le jeune homme qui avait permis de révéler la sordide affaire de maltraitance et en appelait à la justice dans les médias gérait en parallèle un vaste trafic de cigarettes.

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Capture émission TPMP (C8)

La presse l’appelle « l’affaire de la maison de l’horreur ». Maltraitance, coups, violence verbale… Durant des années, un couple du Pas de Calais a infligé de multiples sévices à plusieurs de ses dix enfants, dans leur logement de Noyelles-sous-Lens. Un terrible fait divers qui a pris fin durant l’ét...

De manière surprenante - et cela n’enlève bien sûr rien à l’horreur qu’il a subie -, le nom de Bryan Rouzé ressort aujourd’hui dans une toute autre affaire. Au moment où le garçon discutait avec le premier flic de France à la télé, il s’avère qu’il gérait aussi, en toute illégalité, un important trafic de cigarettes, pour lequel il devait être jugé ce mercredi 17 janvier à Béthune, avant que l’affaire ne soit reportée, notamment en raison des conditions météo dantesques. Une première audience de comparution immédiate avait bien eu lieu mi décembre, vite écourtée compte tenu de l’épaisseur du dossier à analyser.

Aidé de sa compagne, Bryan Rouzé avait monté une organisation pour le moins efficace : selon nos informations, il s’approvisionnait régulièrement auprès d’un grossiste en cigarettes de contrefaçon (c’est-à-dire fabriquées de manière clandestine) et écoulait sa marchandise en trouvant des acheteurs via les réseaux sociaux (Facebook, Snapchat, etc.), à qui il remettait les produits en personne, contre du liquide. Pour transporter les cartons de cartouches sans éveiller de soupçons, des véhicules étaient loués grâce à la carte de crédit d’un proche. Démarrée sur une petite zone, la « livraison » s’est progressivement étendue dans le Pas de Calais au fur et à mesure que le business prenait, à Lens, Arras, Noyelles-Godault. Résultat ? En deux ans, le couple aurait empoché 100 000 euros de bénéfices !

Arrêté par les gendarmes mi-décembre, le couple avait déjà dépensé l’essentiel de ses gains illicites dans des achats divers et variés (dont l’organisation de son mariage). Une forte somme en liquide aurait toutefois été retrouvée à leur domicile. Mais le temps leur aura manqué. Les agissements répréhensibles sont nombreux : détention de tabac sans document justificatif, contrebande, blanchiment, détention et vente de marchandises sous marque contrefaisante et dangereuse pour la santé… L’Urssaf qualifie également une partie des faits de travail dissimulé.

Et compte tenu des volumes écoulés, le manque à gagner de taxes pour l’État serait de plusieurs millions d’euros. Le verdict, initialement prévu le 17 janvier – mais repoussé à plus tard - tiendra certainement compte du casier chargé du principal prévenu, qui mentionne, entre autres des faits de dégradation et violences.

À l’heure de publier cet article, nous n’avons pas réussi à joindre l’avocat de Bryan Rouzé.