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Laurent de Gourcuff, le roi de la restauration chic, est renvoyé devant le tribunal pour trafic d’influence

La justice s’intéresse aux conditions dans lesquelles le fondateur de Paris Society a obtenu l’exploitation de la restauration et de l’événementiel de l’hippodrome de Longchamp en 2018.

Laurent de Gourcuff, president of events planning group Paris Society, poses on November 22, 2018, in Paris. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Laurent de Gourcuff, president of events planning group Paris Society, poses on November 22, 2018, in Paris. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP) STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La star des nuits parisiennes, Laurent de Gourcuff, connu pour son club Castel ou ses restaurants Monsieur Bleu et Apicius, n’est pas à la fête : selon nos informations, le fondateur de Paris Society est renvoyé, le 16 décembre prochain, devant la 11e chambre du tribunal judiciaire de Paris, après av...

L’hippodrome du Bois de Boulogne, temple mondial du galop rebaptisé ParisLongchamp, a réouvert en 2018, après deux ans de travaux de rénovation. Ce re-lifting à 140 millions d’euros a été l’occasion pour le maître des lieux, la société de course France Galop, de transformer la vaste tribune en un espace ouvert et festif. Une concession de douze ans a alors été attribuée à Paris Society, au terme d’une procédure de marché public conformément aux recommandations de la Chambre régionale des comptes.

Mais une plainte a été déposée par un concurrent évincé, Benjamin Patou. Cet ancien associé de jeunesse de Laurent de Gourcuff, avec lequel ils ont animé des soirées parisiennes, a créé de son côté MoMa Group, qui exploite également des restaurants (Victoria, Lapérouse, Boeuf sur le toit) et des boîtes de nuit (L’Arc, Globo). La plainte a depuis été retirée, selon plusieurs sources proches du dossier. Mais le juge d’instruction chargé de l’affaire a maintenu les investigations conduites par la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE). Les enquêteurs soupçonnent France Galop d’avoir échangé en amont des informations privilégiées sur le marché avec Paris Society, favorisant ainsi le groupe de Laurent de Gourcuff. « C’est un non-sujet », dément l’entrepreneur de 46 ans à L’Informé, qui refuse d’en dire davantage. En décembre 2018, les limiers de la BRDE avaient perquisitionné son domicile et ses bureaux dans le 8e arrondissement de Paris.

Côté France Galop, Édouard de Rothschild, président de la société de course depuis 2015, a, lui, été entendu par la police en décembre 2020. Interrogé par L’Informé, il n’a pas « souhaité faire de commentaires sur une affaire où nous ne sommes plus ». Pourtant, le directeur marketing à l’époque, Fabrice Favetto Bon, a lui aussi été mis en examen en 2020, pour « atteinte à l’égalité des candidats dans un marché public » et « trafic d’influence passif ». Il est également appelé à comparaître le 16 décembre devant le tribunal de Paris. « Mon client conteste totalement l’ensemble des infractions qui lui sont reprochées, affirme son avocat, Maître Rodolphe Bosselut. Les éléments de l’enquête ne sont pas conclusifs d’un délit de favoritisme ou d’un trafic d’influence passif. Les règles ont été respectées et c’est le meilleur qui l’a emporté ». La défense devrait mettre l’accent, devant le juge, sur les spécificités du dialogue entre les parties prenantes d’un marché public. Elle devra démontrer que le concédant a eu des contacts professionnels avec l’ensemble des entreprises concourant à l’appel d’offres et qu’aucune d’elles n’a été lésée.