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Continuer la lectureL’État efface l’essentiel des dettes du verrier Pyrex pour lui permettre de se relancer
Le fabricant d’articles de cuisine a obtenu de nouvelles liquidités de son actionnaire Kartesia et l’annulation d’importantes sommes dues à l’État.
La Maison du verre français (LMVF) et les 400 salariés de l’usine Pyrex de Châteauroux (Indre) vont pouvoir respirer. L’entreprise, propriétaire d’International Cookware, le fabricant des célèbres plats de cuisine en verre trempé, vient de valider un protocole de conciliation avec ses créanciers et l’État. Plombé par la hausse des prix du gaz et des matières premières depuis le début de la guerre en Ukraine, l’industriel avait eu recours à une première conciliation fin 2022. Mais cela n’avait pas suffi. Fin 2023, devant l’aggravation de la situation, une recherche de nouveaux investisseurs et financements avait été lancée, sans succès. Heureusement, tous les créanciers et parties prenantes (l’État, l’actionnaire, ainsi que les banques Arkéa, BNP Paribas, BPI France, Caisse d’Épargne et de prévoyance Loire Centre, Crédit Agricole Centre Ouest, Crédit Lyonnais, Société Générale) viennent d’accepter la validation de nouvelles modalités pour soutenir l’entreprise, détenue par la société d’investissement Kartesia depuis 2020.
Dans le détail, le fonds, propriétaire de 97 % du capital (le reste est entre les mains de quelques managers), s’est engagé à injecter immédiatement 10 millions d’euros et à ajouter 5 millions supplémentaires dans les trois prochaines années. L’État, présent au chevet de la société, s’est aussi montré très généreux. Après avoir octroyé un PGE de 7,5 millions en 2021, un autre de 12,3 millions en 2022, puis un prêt de 2,5 millions d’euros via la BPI, il a décidé d’abandonner 90 % du montant des remboursements prévus et de n’exiger le paiement du solde que dans 5 ans. Et ce n’est pas tout : concernant un prêt d’État résilience de 15 millions d’euros accordé en 2023, les pouvoirs publics passent l’éponge à hauteur de 65 %. Mieux encore, la direction départementale des Finances publiques efface quant à elle 45 % des dettes fiscales et sociales de l’entreprise, l’ardoise atteignant 3 millions d’euros. Une sacrée bouffée d’air frais pour l’entreprise, qui bénéficie aussi de la mise en place de nouvelles lignes de financement à court terme pour 7,5 millions d’euros jusqu’à fin 2026. Au final, cet accord représente « un effort équilibré entre l’actionnaire et l’État, qui satisfait globalement tout le monde », commente une source bien au fait du dossier.
Malgré des tarifs de l’énergie toujours élevés et une concurrence des pays à bas coûts toujours intense, le fabricant voit maintenant l’avenir plus sereinement. D’autant qu’il s’est séparé cet été d’une activité qui pesait sur ses comptes : Duralex. Selon la République du Centre, la célèbre marque de verres représentait, en 2023, un chiffre d’affaires de 25,9 millions d’euros mais son Ebitda était négatif de 7,3 millions d’euros. La licence Pyrex, elle, exploitée par LMVF pour l’Europe, le Moyen Orient et l’Afrique, aurait affiché des revenus en baisse à 90 millions d’euros environ l’an dernier (contre 118 millions en 2021) mais un Ebitda positif. « Avec un périmètre bénéficiaire désormais limité à une seule marque, des produits reconnus et un appareil industriel de grande qualité, l’horizon s’est éclairci », veut croire un connaisseur du secteur. C’est d’ailleurs ce qu’indiquent les modélisations du cabinet Accuracy, associé à ce dossier, qui prévoit une trésorerie positive et équilibrée pour les prochaines années. Contactée par l’Informé, La Maison du Verre Français n’avait pas répondu à nos questions au moment de la publication.
Duralex, un passage éclair dans le giron de Pyrex
En 2021, peu après l’arrivée de son nouvel actionnaire Kartesia, LMVF avait fait l’acquisition de Duralex et de son usine de la Chapelle Saint-Mesmin (Loiret), envisageant des synergies commerciales avec Pyrex. L’opération avait été saluée par les élus locaux, pour qui cette décision marquait le démarrage d’une « nouvelle étape de développement de cette entreprise emblématique pour notre région et pour le bassin d’emploi d’Orléans ». Mais l’aventure n’aura pas duré. Confronté aux mêmes problèmes sectoriels et à de lourdes pertes, Duralex a été placé en redressement judiciaire en avril dernier. La société a finalement été reprise par ses salariés cet été, et transformée en société coopérative et participative (SCOP).