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Continuer la lectureIl fait de l’or avec les plumes de volailles : BCF cherche preneur
Cette PME bretonne, qui fournit en acides aminés les industriels de la pharmacie, de l’alimentation animale ou des engrais, pourrait bientôt changer de propriétaire.
Pour BCF Life Sciences, c’est une drôle de mine d’or : la plume de volaille. Son atout ? Elle contient une protéine, la kératine, à partir de laquelle la PME bretonne extrait des acides aminés (L-cystine, L-tyrosine…) recherchés par les industriels de la pharmacie, des compléments alimentaires, de l’alimentation animale ou encore de la nutrition infantile. La formule avait séduit le fonds d’investissement MBO + en 2018, au point que ce dernier avait pris une majorité du capital de BCF. Aujourd’hui, le financier entend bien montrer que son pari était le bon. Selon nos informations, il prépare son retrait et devrait lancer formellement un processus d’enchères en octobre. Lui et les dirigeants de l’entreprise seront accompagnés par la banque japonaise Nomura dans les discussions. Et les ambitions sont fortes puisque MBO + espère toucher l’équivalent de plusieurs fois le chiffre d’affaires de BCF, prévu à 55 millions d’euros en 2023 (pour un Ebitda estimé entre 15 et 20 millions d’euros). Certaines sources au fait du dossier évoquent ainsi un objectif de valorisation de l’ordre de 200 millions d’euros, voire bien au-delà - ce que le vendeur refuse de commenter.
Investissements dans une extension de site
Les prétendants au rachat devront en tout cas être à l’aise avec le programme d’investissements ambitieux que prévoit l’industriel. La PME de 200 salariés souhaite agrandir son usine de Pleucadeuc, dans le Morbihan. Il s’agira précisément d’adjoindre un nouvel atelier aux deux existants. Un projet à 50 voire 70 millions d’euros… L’enveloppe est élevée, mais elle doit permettre à l’entreprise de doubler son chiffre d’affaires à 100 millions d’euros d’ici cinq ans, et répondre à une demande toujours plus forte. « BCF est le seul dans le monde à pouvoir fournir des acides aminés avec une si forte stabilité et un niveau de poids moléculaire aussi faible », fait valoir un proche de la société. La réputation de la PME dépasse largement les frontières françaises. Elle réalise 64 % de ses ventes à l’export - avec le Japon comme premier marché. Et en guise de relais de croissance, BCF parie notamment beaucoup sur la montée en puissance du marché des engrais bio, qui pèse déjà environ 20 % de son activité, et qui est promis à une forte croissance.