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Continuer la lectureAtlantic : les négociations exclusives avec Ardian et Adia interrompues
Les deux financiers n’ont pas trouvé d’accord pour racheter les 49 % du capital mis en vente dans le roi des chaudières. Les fonds EQT et CVC ont été recontactés.
Rebondissement dans le dossier Atlantic. L’Informé l’avait révélé mi-septembre : le fonds de private equity français Ardian et le fonds souverain Abu Dhabi Investment Authority (Adia) étaient depuis des semaines en négociations exclusives pour racheter 49 % du champion tricolore des chaudières et des pompes à chaleur (13 000 salariés). Mais selon nos informations, les investisseurs et le vendeur, la famille Lamoure, ont mis un terme à cette phase de discussions bilatérales, faute d’avoir trouvé un accord. Une nouvelle fenêtre s’ouvre donc pour les autres fonds qui avaient précédemment exprimé de fortes marques d’intérêt. Le britannique CVC Capital Partners et le scandinave EQT ont ainsi été invités à rétablir la connexion avec les cédants. Ardian n’aurait pas non plus totalement renoncé, à en croire plusieurs sources.
Orchestrées par Jean-Marie Messier, qui conseille en personne la famille Lamoure aux côtés du cabinet d’avocats Darrois Villey, les discussions s’annonçaient compliquées dès le début. La faute aux éléments financiers retenus comme base des négociations : un Ebitda de l’ordre de 500 millions d’euros pour une valorisation globale d’Atlantic de 4,5 milliards est évoqué. « Ce montant d’Ebitda était à prendre avec de grosses pincettes : il faut lui appliquer d’importants retraitements pour obtenir un chiffre plus en phase avec la réalité de l’activité », juge un banquier. Parmi les éléments en cause : les aides et subventions versées aux ménages pour l’investissement dans une pompe à chaleur, par nature fluctuantes. Mais aussi un business plan qui ne prendrait qu’imparfaitement en compte le recul du marché de l’immobilier. Plusieurs sources estiment ainsi que l’Ebitda réel est davantage compris entre 300 et 350 millions d’euros. « Le caractère partiel des informations fournies au départ aux prétendants peut s’expliquer par le fait que l’équipe de direction d’Atlantic reste proche de la famille Radat », souffle un interlocuteur faisant allusion au conflit larvé entre cette dernière, qui détient elle aussi 49 % du capital, et le clan Lamoure. « Ils ont joué le jeu des audits même s’ils ne sont pas habitués à ce type d’exercice avec des fonds », tempère une autre source
Les deux familles ont des positions opposées. Conseillés par le cabinet d’avocats Bredin Prat et la banque d’affaires Lincoln International, les Radat n’ont jamais eu l’intention de revendre leur participation, jugeant sévèrement la volonté des Lamoure de sortir du capital. Un médiateur, Marc Sénéchal, avait même été nommé pour aplanir leurs divergences. Quel qu’il soit, le nouvel investisseur aura à trouver un terrain d’entente avec l’actionnaire restant, et une gouvernance adaptée.
Malgré ce flottement de l’actionnariat, l’industriel vendéen continue de prendre des décisions d’investissement importantes. Il vient tout juste d’annoncer son intention de créer une nouvelle usine de pompes à chaleur à Chalon-sur-Saône, alors que le Parlement a adopté la Loi énergie verte qui incite fiscalement la filière à produire en France. Atlantic mise gros sur ces installations bas carbone : son objectif est qu’elles passent de 50 % de ses ventes en 2030 (contre 30 % en 2022) en prenant de plus en plus le pas sur la commercialisation de chaudières électriques, au gaz ou au fioul. En 2023. Atlantic a généré un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros.