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Continuer la lectureEhpad Colisée : les premières propositions du fonds EQT aux créanciers
Pour sortir de l’impasse financière, l’actionnaire majoritaire du numéro 4 français des maisons de retraite est prêt à renflouer le groupe et à accueillir au capital les créanciers.
Le jeu des négociations se poursuit dans la restructuration financière de Colisée, le numéro 4 français des Ehpad (22 000 salariés, 32 000 résidents pour 400 sites en France, en Belgique et en Europe du sud). Fragilisé par une chute brutale de sa rentabilité en 2024 et un manque de liquidités, le concurrent de Korian, DomusVi et Orpéa renégocie avec ses créanciers pour desserrer de l’étau de sa dette (1,6 milliard d’euros au total), dans le cadre d’une procédure de conciliation. La réaction de son actionnaire majoritaire, le fonds de private equity EQT, était particulièrement attendue par les créanciers… Selon plusieurs sources, le fonds vient de formuler ses premières propositions aux créanciers pour déminer la situation. Il se dit effectivement prêt à réinjecter 200 millions de cash sur la table. « Ce montant a vocation à servir à verser les intérêts de la dette que devait initialement payer l’entreprise plus tôt cette année, confirme un créancier. Il sera aussi question de rembourser une petite partie du ‘term-loan B’ et de la ligne de crédit renouvelable (RCF), qui constituent la partie la plus importante de la dette du groupe ». EQT se propose de faire monter les créanciers au capital via la conversion en actions d’un tiers de la dette, dont les échéances seraient également reportées.
Conseillés, comme l’avait expliqué l’Informé, par les banques d’affaires PJT Partners (pour les détenteurs de term-loan B) et par Perella Weinberg (pour les porteurs de lignes renouvelables), les créanciers vont logiquement formuler leurs contre-propositions d’ici la fin mai. Leur réaction dépendra aussi sans doute de l’avancement du plan d’économie promis par celui qui a été nommé à la tête de Colisée, Arnaud Marion, pour redresser la rentabilité et restaurer la confiance. Son plan prévoit de remonter l’Ebitda du groupe d’un peu moins de 50 % en 2025 pour le porter à 150 millions d’euros (pour 1,75 milliard d’euros de chiffre d’affaires). Un effort qui passe notamment par un effort drastique pour renégocier les baux de ses résidences en France comme à l’étranger (comme beaucoup de ses concurrents, Colisée n’est pas propriétaire des murs, qui appartiennent à des investisseurs immobiliers). L’accent est aussi à porter sur divers contrats (notamment dans l’énergie), sans oublier une meilleure gestion de la masse salariale, les comptes ayant dérapé en partie l’an passé en raison d’un retour intensif à l’intérim pour pallier le manque de personnel.