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Immobilier

Surprise, Réside Études renonce finalement à Arnaud Marion pour sortir de la crise

Philippe Nicolet avait fait appel au redresseur d’entreprises pour sortir son groupe de résidences services de sa procédure de sauvegarde… Avant de faire volte-face.

Photo d’illustration.
Photo d’illustration. elxeneize - stock.adobe.com

L’heure est à la confusion chez Réside Études. À la tête de 2 600 salariés, ce promoteur-exploitant de logements étudiants et d’appartements-hôtels fait l’objet d’une procédure de sauvegarde depuis décembre dernier. Sa filiale de résidences senior services, dont la situation est particulièrement critique, a même été placée en redressement judiciaire, mi-juin. Confronté aux difficultés de son activité de promotion, le groupe cherche un accord avec ses créanciers pour rééchelonner son passif et assurer sa liquidité. Son patron et actionnaire majoritaire Philippe Nicolet (74 ans), s’était résolu d’appeler à la rescousse un spécialiste des situations compliquées, Arnaud Marion - intervenu dans des dossiers comme Doux, Solocal ou Vélib. Un conseil d’administration devait se réunir le 25 juin pour installer comme directeur général délégué ce redresseur d’entreprises qui, le 10 juin, était devenu provisoirement DG adjoint… Mais selon nos informations, Philippe Nicolet a finalement décidé de faire machine arrière et de fermer la porte à une nomination d’Arnaud Marion, précipitant son départ.

Ce coup de théâtre est intervenu alors que le tribunal de commerce de Paris, quelques jours après l’arrivée du pro de la gestion de crise, avait tout juste prolongé pour six mois la période d’observation de la procédure de sauvegarde, le 18 juin dernier. « Il y a eu comme une sorte de crispation autour de la transmission des pleins pouvoirs que demandait Arnaud Marion pour mener à bien la restructuration, souffle une source en interne. Son arrivée était pourtant bien perçue dans l’entreprise et dans son environnement proche. » François Gauthey, un ancien numéro 2 d’Eurotunnel, qui conseille déjà le groupe depuis quelques mois, est pressenti pour prendre la suite. Un conseil d’administration devait se réunir ce 3 juillet pour entériner sa nomination.

Épaulé dans les discussions par la banque d’affaires Messier & Associés et le cabinet d’avocats Clifford Chance, Réside Études doit maintenant agir vite et trouver une solution avec ses créanciers. Il fait face à 90 millions de financements obligataires sans garantie (de type Euro PP). Cette dette s’ajoute à des financements garantis par l’Etat, à savoir des PGE et des TDSI (considérés comme des quasi fonds propres) pour environ 60 millions d’euros de part et d’autre. Environ 200 millions d’euros de dettes hypothécaires se trouvent par ailleurs dans les filiales foncières du groupe, montant à rapporter aux quelque 350 millions de valorisation d’actifs immobiliers plus ou moins liquides.

Si le groupe se voit aujourd’hui placé sous le coup de procédures collectives, c’est qu’il subit de plein fouet le retournement du marché immobilier. Sa filiale de résidences services pour personnes âgées, Réside Études Senior (RES), qui accusait un Ebitda négatif d’une trentaine de millions l’an passé, a particulièrement du mal à écouler ses programmes neufs. Le promoteur crée des établissements, vend les appartements qui les composent puis les loue aux propriétaires pour exploiter lui-même les résidences. Or, le taux d’occupation plafonne autour de 60 %, et de seulement de 78 % pour les résidences qui ont plus de quatre ans. C’est dans ce contexte que RES a demandé des baisses conséquentes dans les loyers qu’il verse aux milliers de propriétaires - la majorité des lots appartenant à des particuliers, le reste à des institutionnels. Ce plan prévoyait l’effacement d’un an de loyer, soit plus de 40 millions d’euros, réparti sur 36 mois entre mi-2024 et mi-2027. La moitié des bailleurs auraient accepté… mais sans que cela ne permette d’échapper au redressement judiciaire.