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Finance - Conseil

Nexity cherche à céder le contrôle de Morning, son enseigne de coworking

Frappé par le ralentissement de l’immobilier, le promoteur poursuit ses cessions d’actifs en mettant sur le marché sa prospère filiale de bureaux partagés à Paris. Il affine, en parallèle, un important PSE.

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Vasyl - stock.adobe.com

Sans surprise, la cure minceur continue chez Nexity. Frappé par les déboires du marché de la construction et cherchant à se désendetter, le promoteur s’est lancé dans une série de cessions d’actifs. Le bal a été inauguré en début d’année avec la revente au fonds Bridgepoint de son réseau d’administra...

Le groupe piloté par Valérie Bédague détient aujourd’hui 57,7 % de Bureaux à Partager et avait même vocation à prendre la totalité du capital : les autres actionnaires avaient négocié des options de vente en ce sens. Parmi eux figure le fondateur Clément Alteresco, qui n’a pas souhaité nous préciser ses intentions en cas de changement de contrôle. Nexity avait pris le contrôle de la start-up en 2019, bien décidé à en faire sa tête de pont dans le coworking. Le secteur était à l’époque dopé par la valorisation stratosphérique de l’américain WeWork, avant sa chute fin 2019. Le pari a été plutôt convaincant : si Morning réalisait à l’époque une trentaine de millions d’euros de chiffre d’affaires, elle en attendait 125 millions en 2023. En fin d’année dernière, l’enseigne rassemblait 45 espaces à Paris et en proche banlieue, contre une vingtaine à son entrée dans la galaxie Nexity.

Très concentrés dans le quartier central des affaires, ses sites affichent des taux d’occupation élevés, de l’ordre de 96 % en moyenne. L’espace de coworking qu’il a inauguré il y a trois ans dans l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde, lui offre une belle vitrine. Selon Immo Hebdo, quatre nouveaux lieux devraient ouvrir leurs portes en 2024 ou en 2025, dans une zone délimitée par le Palais-Brongniart, l’Opéra-Garnier et le Faubourg Poissonnière. Morning programme aussi son retour à La Défense, quittée en 2021, en jetant son dévolu sur la Tour Légende. Une expansion tous azimuts au moment où l’un de ses principaux rivaux, l’américain Wework (une vingtaine de sites à Paris) reste quant à lui dans l’incertitude, placé sous la procédure des faillites (Chapter 11) aux Etats-Unis fin 2023.

Au-delà de Morning, d’autres activités pourraient quitter le périmètre de Nexity. L’hypothèse d’une prochaine mise en vente d’I-Sélection et de Perl, des filiales spécialisées dans la commercialisation de produits d’investissements immobilier locatif ou en nue-propriété, est évoquée. Idem pour le petit business de gestion d’immeubles que propose le groupe pour le compte d’une clientèle d’entreprises. Enfin, Nexity ne fait pas mystère de son intention de se débarrasser de ses activités à l’international, au Portugal comme en Pologne.

Un PSE dans la promotion-construction

Les temps sont durs pour le groupe. En 2023, le chiffre d’affaires a baissé de 9 % pour s’établir à 4,2 milliards d’euros. Les réservations de programmes neufs résidentiels ont chuté de 19 % en volume et de 24 % en valeur. Le bénéfice opérationnel est passé de 367 millions à 246 millions d’euros et, en guise de prévision 2024, Nexity s’est contenté - très prudemment - de tabler sur un résultat positif. La direction ne prévoit pas de reprise de la vente de logements neufs cette année et en 2025. Elle a calé les budgets de ces deux exercices sur le niveau, très bas, des ventes de 2023. « Nous avons informé hier les organisations syndicales du lancement d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) dans les prochaines semaines », avait même annoncé Véronique Bedague, la directrice générale, lors de la présentation des résultats annuels 2023. Le nombre de départs devrait être précisé début mai, a indiqué la direction en interne. « Le plan pourrait concerner un total de 400 départs dans la branche promotion-construction qui compte 2 900 salariés, indique une source syndicale. On espère que ce sera moins, mais cela pourrait finalement être bien plus » .

Contacté par l’Informé, Nexity n’a pas donné suite à nos sollicitations.