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Continuer la lectureLa Fnaim et l’Unis en désaccord sur les modalités de leur fusion
Les directions des deux fédérations ont toutes les peines du monde à communiquer sur leur rapprochement. Pourtant, le projet est bien sur les rails.
Inaudible ! Ce lundi 24 juin, les deux principaux syndicats de professionnels de l’immobilier - la Fnaim et l’Unis - sont apparus totalement divisés sur la question de leur rapprochement. Invités à s’exprimer sur le sujet, lors d’un débat organisé par leurs filiales franciliennes, le président de la Fnaim, Loïc Cantin, et la présidente de l’Unis, Danielle Dubrac, ont été incapables de communiquer sur un calendrier et un objectif commun devant leurs adhérents.
Voilà pourtant cinq ans que les deux syndicats ont entamé des discussions pour unir leurs forces, dans l’objectif de peser davantage dans le débat public. D’après nos informations, les deux directions se sont même mises d’accord sur l’idée de parvenir à une présidence commune dès début 2028, date à laquelle Danielle Dubrac et Loïc Cantin auront achevé leurs mandats respectifs.
Las. À ce jour, les stratégies divergent largement pour arriver à l’objectif. Prudente, la présidente de l’Unis milite pour mettre en place - dans un premier temps tout du moins - une structure ad hoc dans laquelle les deux syndicats pourraient coexister. « Nous proposons la création d’une Union des syndicats, qui permettrait, à budget constant, à l’Unis et à la Fnaim de fusionner leur communication et leur lobbying. Le partage de nos combats est un préalable nécessaire à la fusion », explique-t-elle à l’Informé. L’idée est toutefois balayée d’un revers de main par la direction de la Fnaim qui plaide, de son côté, pour une fusion directe des deux organisations.
Autre point chaud à négocier : le maintien des réseaux de mandataires (réseaux d’agents commerciaux qui n’ont pas le statut d’agents immobiliers) au sein de la nouvelle alliance. « Aujourd’hui ces derniers sont majoritairement regroupés au sein de l’Unis, mais ne font par partis de la Fnaim », rappelle un reponsable de l’Unis.
Dans chaque syndicat, plusieurs voix se désolent de ces divergences. « Il est incompréhensible qu’on ne puisse pas avancer plus vite, surtout quand on écoute la base et qu’on comprend que les adhérents des deux fédérations sont dans leur grande majorité favorables à ce rapprochement », explique un responsable régional de l’Unis.
De sources concordantes, plusieurs structures locales n’ont pas attendu leurs bureaux nationaux pour se rapprocher et travailler en commun. « C’est le cas de l’Île-de-France, des Hauts-de-France ou de la Normandie qui organisent déjà des assemblées générales et des événements communs », assure un responsable local de la Fnaim. « La réalité, c’est qu’au niveau national, nos deux présidents se parlent, mais ne s’écoutent pas. Il va falloir qu’ils se parlent et se comprennent », affirme encore un haut représentant de l’Unis.
Le compte à rebours a commencé. Il reste un peu plus de trois ans, jusqu’à fin 2027, pour afficher une feuille de route claire vers la fusion. La Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) rassemble à ce jour quelque 10 000 adhérents, regroupés en 55 chambres départementales et 18 chambres régionales. L’Union des syndicats de l’immobilier (Unis) regroupe 6 300 entreprises adhérentes sur tout le territoire.