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Continuer la lectureFace à des difficultés, le BHV change de patron
Un mercato a eu lieu en toute discrétion, courant mars, à la tête du grand bazar de l’hôtel de ville. Il intervient à un moment clé pour la foncière lyonnaise SGM - propriétaire des lieux - empêtrée dans plusieurs chantiers.
Valse au sommet du BHV. Cette semaine, Challenges annonçait que la directrice générale du fameux magasin parisien situé face à l’hôtel de ville, Emmanuelle Claverie Vaysset, avait été évincée de ses fonctions, seize mois seulement après avoir été nommée par le nouveau propriétaire des lieux, la foncière lyonnaise SGM (Société des Grands magasins). En réalité, un changement de direction s’est opéré, il y a quelques semaines, dans la plus grande discrétion, a appris l’Informé. Si rien n’est encore officialisé, la responsable du Bazar de l’hôtel de Ville a, d’après plusieurs sources, été remplacée courant mars par Karl-Stéphane Cottendin, un fidèle de Frédéric Merlin, ce jeune patron qui pilote la SGM, également propriétaire de sept magasins Galeries Lafayette et onze centres commerciaux. Inconnu du grand public, Karl-Stéphane Cottendin, 31 ans, a intégré la foncière en 2018 et y occupait dernièrement les fonctions de directeur des opérations. Il était auparavant passé chez Merrill Lynch en tant qu’analyste financier et chez Natixis.
Aussi soudain soit-il, ce changement de direction intervient à un moment clé pour la société lyonnaise de Frédéric Merlin. Ce dernier - dont la famille se classe à la 207e place du classement des fortunes de Challenges - a repris l’exploitation du BHV auprès des Galeries Lafayette en novembre 2023. Mais depuis, les déboires se sont accumulés pour l’entrepreneur. Fin août, Mediapart tirait la sonnette d’alarme sur les difficultés du groupe à payer plusieurs fournisseurs… Une pagaille qui, de sources internes, est encore loin d’être totalement réglée. La nomination de Karl-Stéphane Cottendin pourrait donc aider le commerçant à avancer sur le sujet. Celui-ci aurait d’ailleurs, à date, abandonné toutes ses autres fonctions au sein de la SGM pour se consacrer à plein temps au grand magasin parisien.
Un dossier immobilier complexe
Peut-être pourra-t-il aussi s’investir sur le titanesque dossier immobilier dans lequel la foncière est empêtrée. Après de longs mois de tractations, la SGM n’est toujours pas parvenue à finaliser l’acquisition des murs du grand magasin de la rue de Rivoli (valorisés à 300 millions d’euros), ni à mettre la main sur ceux du BHV L’homme, à Paris, (valorisés 50 millions d’euros) et du BHV Parly 2 dans les Yvelines (estimés à 50 millions d’euros également). Elle s’y était pourtant engagée au départ auprès des Galeries Lafayette.
Il faut dire que le chantier reste particulièrement complexe pour la jeune foncière qui n’avait jamais fait face à un tel investissement par le passé. En fin d’année, elle a obtenu l’accord in extremis de la famille Moulin-Houzé - propriétaire des Galeries Lafayette - pour proroger jusqu’au 30 juin prochain la promesse de vente. La société de Frédéric Merlin a dans le même temps appelé à la rescousse la Caisse des dépôts et de consignation (CDC) pour l’aider à trouver un financement. « Nos équipes travaillent avec le porteur du projet, même si aucune décision n’est prise à ce stade », confirme-t-on au sein de l’institution publique.
Selon les informations de Cfnews Immo, la SGM aurait aussi relancé des négociations avec des investisseurs pour trouver des soutiens dans cette opération. Comme elle l’avait fait l’an passé avec le promoteur 6e Sens qui a acquis à sa place tout un pan du parc immobilier des Galeries Lafayette situé autour du BHV Marais. D’après le site d’informations financières et immobilières, Xavier Niel (actionnaire à titre individuel de l’Informé) se serait ainsi récemment positionné pour racheter les murs du BHV L’homme. Si ce dernier n’a pas souhaité faire de commentaires sur le sujet, une chose est sûre : le dossier est d’autant plus complexe que de lourds travaux seront nécessaires pour séparer le bâtiment de L’homme et celui du BHV Marais (séparation des monte-charges qui relient les deux immeubles et des systèmes d’aération et de chauffages…).
Contacté, le patron de la SGM, Frédéric Merlin n’a pas répondu à nos diverses sollicitations. Pas plus que Karl-Stéphane Cottendin.