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Continuer la lectureWeinberg Capital et Philippe Ginestet prêts à céder les chaussures Besson
Aux commandes depuis sept ans, le fonds d’investissement et le fondateur de Gifi s’attaquent à la vente de l’enseigne aux 200 magasins, qui résiste à la déprime de son marché.
Chez Vivarte, le chausseur Besson est l’un des rares réseaux à avoir réussi le contrepied. Il est sorti quasi indemne du naufrage de l’ex-empire du prêt-à-porter multi-enseignes, où il cohabitait entre autres avec André et Minelli : il s’est en extirpé en 2018 avec l’aide du fonds Weinberg Capital Partners et de la holding GPG de l’homme d’affaires Philippe Ginestet, le fondateur de l’enseigne de bazars Gifi (qui a arraché un accord de conciliation auprès de ses banques fin 2024). Les deux investisseurs l’avaient racheté pour près de 220 millions d’euros, le premier s’adjugeant une participation de 51 %, le second de 49 %. Mais sept ans plus tard, l’heure est à la sortie pour les deux actionnaires.
Selon plusieurs sources, le duo prépare le terrain à une vente en compagnie de la banque d’affaires Vulcain. Les préparatifs d’un processus d’enchères en seraient toutefois encore à un stade assez préliminaire, aucun calendrier ne semblant avoir été fixé. Aucun scénario ne semble écarté, que ce soit une vente à un autre acteur de la distribution, français ou étranger, ou une nouvelle prise de contrôle par un fonds ou un family office.
Depuis son rachat, Besson a continué à étoffer son réseau de magasins : il en compte aujourd’hui 200, soit environ 70 de plus qu’il y a sept ans. Le chausseur a aussi un pied en Espagne et en Belgique : fin 2023, le rachat outre-Quiévrain du chausseur Delcambe (16 magasins) avait permis d’atteindre les 340 millions d’euros de chiffre d’affaires. Selon nos informations, l’Ebitda du distributeur serait aujourd’hui compris entre 45 et 50 millions d’euros, alors qu’il s’établissait à 34 millions d’euros juste avant la sortie du périmètre de Vivarte. Une petite performance dans un environnement concurrentiel sinistré, encore caractérisé par la liquidation d’enseignes comme ChaussExpo l’an passé, ou les difficultés chroniques d’autres chaînes comme Minelli et André.
Si le groupe affectionne plutôt les zones commerciales périurbaines, ses incursions ne sont pas rares dans les galeries marchandes, comme La Part-Dieu, à Lyon, ou très bientôt Aéroville, à Roissy. Il a choisi de développer via un modèle qui n’est pas si courant, celui des mandataires-gérants. Le patron du magasin, qui est un indépendant (et non un salarié) gère un fonds de commerce pour le compte d’un mandant (comme Besson) et gère l’animation commerciale sur place ainsi que le personnel du point de vente. Les stocks, eux, appartiennent bien à l’enseigne, cette dernière prenant aussi à sa charge le bail du magasin. « C’est un modèle qui jouit d’une certaine attractivité, vu qu’il limite la mise de fonds pour le mandataire, qui se rémunère par un pourcentage sur les ventes », poursuit un connaisseur du monde de la distribution. Babou, Gifi, les hôtels Formule 1 ainsi que les magasins de proximité de Casino feraient partie des réseaux qui ont expérimenté ce schéma.
Besson propose un catalogue de 4 000 références, avec des marques internationales (Geox, Puma, Kickers, Crocs…) et des marques propres, à des prix que l’entreprise veut accessibles. Il a par ailleurs diversifié son offre en testant des corners dédiés aux articles de seconde main, mais aussi du textile féminin dans certains de ses points de vente.