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Grande conso

Pourquoi Hakim Benotmane, le roi du kebab, n’a pas pu reprendre Courtepaille

L’Informé dévoile pourquoi le fondateur de Nabab Kebab et Takos King s’est retrouvé en faillite personnelle et interdit de gérer. Ce qui l’a empêché, malgré son appel, de concourir à la reprise de l’enseigne Courtepaille, finalement attribuée à la Boucherie ce mercredi.

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SEBASTIEN LAPEYRERE / Hans Lucas via AFP

Il y a un mois, l’Informé révélait le projet de reprise de Courtepaille par Hakim Benotmane, le fondateur des enseignes Nabab Kebab et Takos King. Sa feuille de route était ambitieuse : il était le seul à vouloir continuer d’exploiter les 144 restaurants en succursale de la chaîne et à reprendre la quasi-totalité des salariés, en investissant au passage 25 millions d’euros. Toutefois, le président du Tribunal de commerce de Nanterre a écarté son offre en raison d’une condamnation tombée le 31 janvier 2023 qui le déclare en faillite personnelle et lui interdit de gérer, d’administrer ou de contrôler de manière directe ou indirecte une entreprise pendant dix ans. Hakim Benotmane écarté, la voie était libre pour La Boucherie, officiellement désigné repreneur ce mercredi malgré une offre moins-disante socialement. Comment en est-on arrivé là ?

Tout commence en septembre 2017, lorsque FBH Holding (propriétaire de Takos King), une structure intégralement détenue par la société de droit luxembourgeois NDM Developpement et administrée par Hakim Benotmane, se retrouve en cessation de paiement. Le délai légal pour demander l’ouverture d’une procédure collective est de 45 jours. Or ici, rien ne se passe. Un créancier l’assigne en justice en novembre 2018 et force ainsi l’ouverture de la procédure de liquidation en mars 2019.

Dans sa décision du 31 janvier 2023 qui le place en faillite personnelle, le tribunal de commerce de Paris a aussi retenu contre l’homme d’affaires le grief de détournement ou dissimulation de tout ou partie de l’actif ou augmentation frauduleuse du passif. Selon les éléments réunis par le liquidateur, le passif de la société a en effet continué à s’accroître après la cessation de paiement pour un total de 445.000 €. Et au 1er janvier 2018, FBH Holding a aussi revendu les titres de Takos King à la structure luxembourgeoise (située à l’adresse personnelle d’Hakim Benotmane) pour 140.000 €, cédant ainsi le fonds de commerce.

Dirigeant de droit de FBH Holding jusqu’en janvier 2019, le self made man a ensuite passé le relais à Abdelkader Guetarni, lui aussi condamné. Car en dépit de la procédure de liquidation en cours, FBH Holding a continué ses activités. Preuve à l’appui. Le liquidateur a été destinataire d’un devis adressé à l’agence de communication Prad’s Com et signé par FBH Holding en date du 28 septembre 2020. De son côté, Hakim Benotman a créé trois sociétés entre mars et avril 2020 : BG Capital (qui a servi à porter le projet Courtepaille) et deux restaurants Poke & Moi, à Lille et à Paris. Toutes ayant leur siège social à l’adresse de FBH Holding.

Enfin, le tribunal a retenu l’absence de coopération de l’entrepreneur avec les organes de la procédure. Régulièrement convoqué, il ne s’est pas présenté à l’audience et n’a apporté aucune explication sur les griefs qui lui sont reprochés. Mais Hakim Benotmane, qui a passé plusieurs années en Asie sur cette période, entend désormais se défendre. Selon nos informations, il devrait faire appel et demander l’arrêt de l’exécution provisoire des sanctions le 27 juin. Le fond du dossier devrait quant à lui être scruté en septembre.

« Hakim est très doué, mais il sort de nul part et travaille en étant insuffisamment conseillé. Il n’est pas structuré », confie un ténor du barreau qui a croisé sa route. Plusieurs avocats contactés s’étonnent d’ailleurs de la gravité de la sanction, pour des sommes qualifiées de « dérisoires ». Pour s’en sortir, le dirigeant va cependant devoir montrer patte blanche et faire preuve de clarté dans la gestion de ses entreprises. L’exercice est périlleux. Plusieurs conseils nous ont fait savoir qu’ils avaient refusé de travailler avec lui, en raison de son manque de transparence.