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Continuer la lectureMagimix et Robot Coupe cherchent à se vendre plus d’un milliard d’euros
La famille de Jenlis pourrait céder les clés de son groupe de petit électroménager, célèbre pour ses robots cuiseurs dédiés aux particuliers mais aussi pour sa gamme professionnelle.
Magimix s’apprête à tourner une page importante de son histoire. Depuis cinquante ans, ce pionnier des robots culinaires, initialement créé en 1961 par le boucher Pierre Verdun et son camarade Robert Comte, évolue dans le giron de la famille de Jenlis : le clan a fait de la petite entreprise de Montceau-les-Mines un pro de l’électroménager haut de gamme, incontournable chez les amateurs comme les professionnels. Mais voilà, selon nos informations, il serait désormais décidé à laisser le contrôle de son petit empire : il fait actuellement travailler ses banques historiques, BNP Paribas et Société Générale, pour en céder une majorité du capital.
Plus précisément, la vente porte sur la maison mère du groupe, connue sous le nom de Hameur. Elle loge à la fois l’activité dédiée aux particuliers - Magimix - et celle destinée aux professionnels, Robot Coupe. Un business dont les performances sont farouchement gardées secrètes : la communication financière est réduite à peau de chagrin et l’ETI ne publie pas ses comptes. En 2009, L’Usine Nouvelle ironisait déjà sur cette opacité en évoquant que « la transparence du groupe en matière financière est inversement proportionnelle à celle de son nouveau grille-pain ». Mais d’après nos sources, l’ensemble afficherait près de 130 millions d’euros d’Ebitda.
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce confortable résultat n’est en rien le fruit du succès écrasant des robots Magimix. En dépit de son positionnement haut de gamme, cette marque créée en 1972 serait à peine rentable, malmenée par la concurrence acharnée du leader allemand Vorwerk, fabricant du célèbre Thermomix. En 2020, ses ventes, portées par les divers confinements, avaient certes bondi de 20 % pour dépasser les 100 millions d’euros, selon Challenges. Mais le soufflé est depuis retombé. « Il y a deux ou trois ans, le groupe avait tenté de vendre Magimix mais n’y était pas parvenu », croit même savoir un banquier. En revanche, Robot Coupe fait figure de véritable pépite. Du coupe-légumes aux mixeurs, en passant par les cutters, les batteurs, et autres centrifugeuses, cette entité créée au beau milieu des années 60 s’adresse à tous les professionnels des métiers de bouche et son succès ne s’est jamais démenti.
Ensemble, Magimix et Robot Coupe devraient attirer la plupart des grands fonds de la place parisienne, capables d’investir au moins 500 millions d’euros dans une opération de LBO. La valorisation pourrait être comprise entre 1 et 1,5 milliard d’euros. À titre de comparaison, l’un de ses principaux concurrents français, le numéro 1 mondial du petit équipement domestique Groupe Seb, coté en Bourse, est valorisé entre 8 et 9 fois son Ebitda (de 985 millions en 2023).
En 2020, Hameur avait décidé de se recentrer sur Magimix et Robot Coupe en vendant une petite activité annexe : Djeep. Cette marque de briquet haut de gamme, dotée d’une usine dans le Morbihan, a fait le bonheur de Bic, qui l’a reprise pour 40 millions d’euros.
Contactés, BNP Paribas et Société Générale n’ont pas souhaité commenter. La direction du groupe n’a pour l’heure pas encore répondu à nos sollicitations.