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Continuer la lectureLes boulangeries Sophie Lebreuilly en quête d’investisseurs pour grandir
Le réseau originaire des Hauts-de-France a mandaté une banque d’affaires pour trouver un actionnaire prêt à l’aider à atteindre 500 points de vente en 2030.
Sophie Lebreuilly n’a pas l’intention de jouer les figurants face aux boulangeries Marie Blachère ou Ange. Fraîchement débarquée à Paris et déjà à la tête de 70 points de vente dans le pays, l’enseigne originaire des Hauts-de-France vise 500 adresses d’ici à 2030… Une ambition qui rend nécessaire une recomposition du capital. Alors que ses fondateurs, Sophie et Olivier Lebreuilly, avaient déjà affirmé que l’opération serait au menu de cette année, les recherches prennent déjà une tournure concrète : selon nos informations, la banque d’affaires Capitalmind Investec a été récemment mandatée pour aider l’entreprise à trouver son bonheur.
Une cession pure et simple de l’entreprise n’est pas à l’ordre du jour. La PME est contrôlée depuis 2020 par le fonds de private equity FrenchFood Capital, un « pure player » de l’agroalimentaire. Selon certaines sources, ce dernier pourrait ne céder qu’une partie de sa participation lors de l’arrivée du nouvel investisseur : il serait désireux de rester au capital histoire de bénéficier un peu plus de la croissance du réseau. À ses côtés, la liste des actionnaires est longue. On y trouve les fondateurs mais aussi Finorpa et Generis Capital Partners, les premiers investisseurs à avoir financé l’enseigne. Sodefood, une structure dépendant des propriétaires de la marque Sodebo, Joseph Bougro et Simone Blanloeil, a aussi pris discrètement une petite participation minoritaire dans l’affaire. Enfin, le cofondateur de Grand Optical et de Général d’Optique, Daniel Abittan, est également présent via l’une de ses sociétés (Holding Héron). L’homme d’affaires, arrivé en 2022, doit apporter à Sophie Lebreuilly son savoir-faire dans le développement par la franchise, un levier que l’entreprise compte utiliser un peu plus dans le futur.
À l’origine, les fondateurs du réseau ignoraient à peu près tout du secteur : créateurs de la chaîne en 2014, Sophie Lebreuilly travaillait jusque-là chez Vente-Privée, quand son mari officiait comme directeur d’agence au Crédit du Nord. Mais cela n’a pas empêché une expansion rapide : en 2019 la PME générait déjà 13 millions de chiffre d’affaires. Les ventes ont atteint 47 millions l’an passé. « Dans un marché archi-dominé par la boulangerie de quartier indépendante, les chaînes sont en capacité de mieux absorber la hausse du coût de l’énergie et des approvisionnements », juge un banquier d’affaires, qui connaît bien l’agroalimentaire et la distribution. Le climat inflationniste n’a pas détourné les clients du pain frais et préparé sur place : c’est ce pari qu’a fait Sophie Lebreuilly, qui écoule ses baguettes en gros volume et réalise ses marges sur d’autres articles, comme beaucoup de ses concurrents. Ses boulangeries, dotées d’un espace où se restaurer, ont notamment développé une offre de snacking à déguster sur place ou à emporter. Un segment traditionnellement rentable.
Une grande partie des points de vente de Sophie Lebreuilly sont basés dans son fief des Hauts-de-France, plus particulièrement dans le Pas-de-Calais, le Nord et la Somme : ils se situent au Touquet, à Boulogne-sur-Mer, Wimereux, Hazebrouck, Abbeville, Douai, etc. Si l’entreprise commence à s’attaquer à la banlieue parisienne et à la Normandie, elle a aussi fait une percée dans le Sud il y a un an en rachetant un autre petit réseau, Émile Bec, à cheval entre les régions Paca et Auvergne-Rhône-Alpes. L’entreprise cible en particulier des emplacements à proximité d’axes fréquentés, dans des petites ou moyennes villes.