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Continuer la lectureGroupe Rocher a choisi sa banque pour céder Petit Bateau
La maison mère d’Yves Rocher souhaite couper les ponts avec une chaîne qui pèse 250 millions d’euros de chiffre d’affaires mais dont la rentabilité a décliné.
Petit Bateau se prépare à changer de pavillon. Bris Rocher, dirigeant du groupe de cosmétique familial, a indiqué dans un entretien à Ouest France avoir engagé une réflexion en vue d’une vente de son enseigne de prêt-à-porter destinée aux enfants. Un projet (mené en parallèle de la cession de la marque de produits d’entretien de la maison Stanhome) qui, s’il aboutit, mettra un terme à un lien capitalistique historique : Yves Rocher avait racheté la célèbre enseigne en 1988. La banque d’affaires Rothschild & Co a été chargée de la vente, a appris l’Informé. Un temps évoquée dans la presse, la présence de BNP Paribas sur ce dossier n’est pas d’actualité. La banque de la rue d’Antin est l’un des principaux créanciers du groupe familial breton, qu’elle a accompagné dans le cadre d’un vaste plan de restructuration aboutissant notamment à la cession de son usine de Ploërmel, l’an dernier.
Petit Bateau compte 370 points de vente et 760 détaillants, dont les deux tiers hors de France. Ce réseau lui a permis de réaliser un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros l’an dernier, en croissance de 3 % par rapport à 2023. Elle produit 28 millions de pièces chaque année et réalise 55 % de son chiffre d’affaires en France, 25 % en Europe hors France et 10 % au Japon. « C’est une belle marque mais difficile à bien valoriser, car la rentabilité n’est pas au rendez-vous », estime un fin connaisseur du secteur. Dans les faits, la marge d’Ebitda serait actuellement très légèrement négative. Mais Bris Rocher l’assurait le mois dernier : « L’intention de céder n’est pas guidée par la rentabilité de ces deux marques (Petit Bateau et Stanhome ndlr) mais bien par l’enjeu stratégique de concentrer nos forces sur notre cœur de métier et de donner à ces deux marques des perspectives de développement. »
Selon nos informations, Petit Bateau était encore rentable avant la crise du Covid-19, avec une marge d’Ebitda se situant un peu en dessous des 10 %. L’objectif du prochain actionnaire sera donc de remettre à flot la griffe, reprise en main il y a 18 mois par Alexandre Rubin, l’ancien directeur général exécutif d’Yves Rocher en France et au Benelux. À ce stade, aucune offre n’a été remise mais quelques acquéreurs naturels émergent. « La famille Mulliez (ndlr, propriétaire de Decathlon, Jules, Brice, Pimkie, Phildar…) a le profil type en raison de sa longue expertise retail mais il y a fort à parier qu’une telle transaction ne pourrait se faire qu’à vil prix », pronostique un banquier. « Le suisse Maus Frères (Lacoste, Aigle…) ne devrait selon toute vraisemblance pas se remettre en selle rapidement, après avoir été fortement échaudé par son parcours dans The Kooples, repris à la casse par le fonds de retournement Verdoso le mois dernier », estime un autre. Reste aussi un profil comme Beaumanoir, encore très actif sur le front des acquisitions. En 2024, le groupe avait avalé les activités du groupe Boardriders (Quicksilver, Roxy, Billabong, DC Shoes…). Verdict dans quelques mois.