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Continuer la lectureBoulanger : les Mulliez piochent dans les réserves pour se servir un copieux dividende
La chaîne d’électroménager a versé à ses actionnaires de l’Association Familiale Mulliez 100 millions d’euros. Un montant habituel ces dernières années, qui passe par une ponction régulière des réserves accumulées.
La nouvelle devrait faire parler dans les rayons de Boulanger. Selon nos informations, l’enseigne d’électroménager a versé 100 millions d’euros de dividendes à son propriétaire, la société United.b, détenue par l’Association Familiale Mulliez. Pour atteindre un tel montant, les actionnaires ont récup...
Ces montants dévoilés tranchent avec le niveau de dividendes remontés avant la pandémie. Ils étaient alors plus proches de la trentaine de millions d’euros par an et, surtout, l’intégralité des bénéfices n’était pas systématiquement prélevée, avec une partie des gains mise en réserve. Depuis, la chaîne de 222 magasins en France a changé de dimension : son chiffre d’affaires a progressé de plus de 60 % en une décennie, pour atteindre plus de 3,5 milliards d’euros. Mais les deux dernières années ont toutefois été bien plus « chahutées » par l’inflation, de l’aveu même de la direction. Dans un article du Figaro, Émilie Soleri, directrice générale du distributeur, expliquait vouloir tout remettre au carré. Elle espérait aussi retrouver très rapidement la rentabilité de 2019 et évoquait la présentation au mois de mars d’un plan de transformation à trois ans (2025-2027).
Le sujet des dividendes peut vite devenir inflammable dans la galaxie Mulliez. Chez Decathlon, autre enseigne maison, le versement d’un milliard d’euros annoncé fin 2024 avait fait grincer des dents chez les salariés et entraîné, chose assez rare, une réaction du président de Decathlon dans les colonnes de la Voix du Nord. Fabien Derville avait notamment avancé que ce dividende correspondait à des « résultats cumulés de l’entreprise qui n’ont pas été distribués par le passé au travers de dividendes ». Avant de préciser que l’objectif était « un usage plus créateur de valeur, pas de richesse ». « Ce n’est évidemment pas de l’argent qui va dans la poche des actionnaires », avait-il assuré.
Contacté au sujet des dividendes, Boulanger n’a pas souhaité faire de commentaires, mais a tenu à apporter les précisions suivantes suite à la publication de notre article : « Au sens propre du terme ces flux financiers remontés par Boulanger à sa société mère United.b sont qualifiés de dividendes. Ce ne sont pour autant pas des dividendes au sens commun du terme, mais des résultats et disponibilités remontés à la société mère, qui consolide les résultats de ses entités et utilise ces montants notamment pour les investissements futurs de tout son groupe. Autrement dit, les montants visés ne sont en aucun cas des dividendes que percevraient des actionnaires personnes physiques. Les montants visés n’ont en aucun cas privé les salariés de l’entreprise de la rétribution au titre de la politique de partage de la création de valeur, puisqu’ils ont été disponibles après partage auprès des collaborateurs. » L’Informé maintient que juridiquement et comptablement, ce sont bien des dividendes que la société Boulanger a versé à la société United.b.