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Énergie - Environnement

Stratégie, finances, production… les détails du projet d’entreprise de Luc Rémont pour EDF

Le plan envisagé par le PDG du groupe public passe notamment par la transformation de la direction de la stratégie. L’Informé vous en dévoile la teneur.

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Le voile se lève sur la future réorganisation d’EDF. L’Informé a mis la main sur un document interne - destiné aux managers du groupe - présentant les grands axes de la refonte imaginée par le PDG Luc Rémont. La philosophie générale ? Appuyer la mue de l’énergéticien sur une nouvelle direction de la stratégie aux missions élargies à la planification du nucléaire. Le schéma redessine la direction financière et les périmètres des directions actuelles. Voici les détails.

Annoncé depuis des mois, le projet n’en est pas encore à sa version définitive, loin s’en faut. Le processus de consultation des instances représentatives du personnel ne se tiendra qu’entre janvier et mars 2024. « Le déploiement de la transformation pourra se faire à compter d’avril 2024 », explique le document interne. L’enjeu pour EDF consiste à la fois à poursuivre l’exploitation des 56 réacteurs de son parc existant - en le prolongeant et en le modernisant -, à achever les EPR en construction à Flamanville (Normandie) comme à Hinkley Point (Royaume-Uni), et à lancer le chantier des six premières tranches des futurs EPR 2 d’ici 2035, à Penly, Gravelines et Bugey. Sans oublier les projets à porter à l’export, des EPR de Sizewell outre-Manche ou Jaitapur en Inde, à son petit réacteur modulaire (Small Modular

Reactor - SMR) Nuward.

La transformation de la Direction innovation, responsabilité d’entreprise et stratégie (DIRES) du groupe est au cœur du nouveau projet. Le premier acte a démarré vendredi 15 septembre avec la désignation de son prochain pilote, Xavier Ursat, ainsi que l’a annoncé l’Informé. À la tête de la Direction ingénierie et projets nouveau nucléaire (DIPNN) depuis 2015, il reprend le flambeau de la direction de la stratégie, désormais élargie à la planification nucléaire. Autrement dit, à la programmation des nouveaux projets nucléaires. Vont être rassemblées sous sa responsabilité les compétences liées à la maîtrise d’ouvrage (MOA, le donneur d’ordres) des nouveaux EPR2, de Nuward et des EPR britanniques. Ce rattachement concrétise la séparation engagée par l’entreprise ces derniers mois entre MOA et maîtrise d’œuvre (MOE, celui qui réalise le projet), l’un des points faibles du groupe. C’est aussi son pôle qui aura la main sur la direction technique, la direction des grands projets et le développement à l’export.

Xavier Ursat perd cependant sur un autre tableau. La RSE d’EDF, jusqu’ici logée dans la DIRES, quitte son giron : la direction Impact, chargée des objectifs de RSE et dirigée par Carine de Boissezon, bascule en effet du côté de la direction financière. Dirigée depuis près de neuf ans par Xavier Girre, cette nouvelle entité devient dans le futur organigramme la direction « performance impact, investissements et finance ». Quant à la direction régulations, elle est, elle aussi, sortie de la DIRES pour être rattachée au secrétariat général. Son pilote, Brice Bohuon, qui a intégré l’équipe de Luc Rémont au printemps, aura également sous sa coupe les directions des affaires publiques et des affaires européennes, dont le top management a été récemment revu (voir notre article).

Quatre autres directions complètent ce projet d’entreprise, sur lesquelles les membres du comité exécutif désignés par Luc Rémont comme « préfigurateurs » continuent de plancher. L’essentiel de l’actuelle Direction du parc nucléaire et thermique (DPNT), menée par Cédric Lewandowski, constituera la future direction « Production ». L’entité conserverait la maîtrise d’ouvrage du parc existant, mais pourrait bien voir la Division de l’Ingénierie du parc et de l’environnement (DIPDE), conduite par Antoine Vassalo, rejoindre la future direction « Ingénierie et Supply chain », dont la refonte est orchestrée par Alain Tranzer. Une direction « Projets & construction » et une direction « Industries & services », confiée au patron de Framatome Bernard Fontana, complètent ce schéma. Pour autant, les grandes manœuvres ne sont pas achevées et les frontières pourraient encore bouger. Des groupes de travail ont été mis en place par les préfigurateurs et plusieurs cabinets de conseil en stratégie, comme Archery, Bain ou encore CVA, sont aussi mobilisés.