L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureEDF : Fontana nommé grand manitou d’un futur pôle « industrie nucléaire »
Le patron de Framatome s’est vu confier par Luc Rémont la préfiguration d’un nouveau pôle chargé de piloter le volet industriel des grands projets nucléaires. Le signe d’une profonde réorganisation à venir.
Si le plan stratégique du PDG d’EDF, Luc Rémont, se fait - grandement - attendre, les premières réorganisations s’opèrent à la tête du groupe. Avec un objectif, mettre l’énergéticien en ordre de marche pour déployer le futur programme nucléaire. Selon nos informations, la direction réfléchit à la mise en place d’un pôle « industrie nucléaire » en son sein et le nom du « préfigurateur » (c’est son titre) chargé de constituer l’entité a été annoncé hier en interne : il s’agit de Bernard Fontana, patron de Framatome, une filiale d’EDF.
Ce choix n’a rien d’anodin au moment où le groupe réfléchit à une meilleure organisation de sa gestion des grands projets (construction de nouveaux réacteurs, maintenance du parc de centrales existant). Deux camps s’opposent en interne, comme l’expliquait ce jeudi L’Informé : d’un côté se trouvent les défenseurs d’un pilotage des chantiers porté par les équipes internes d’EDF. De l’autre, les partisans d’une délégation de la maîtrise d’œuvre (en clair, la réalisation des travaux) aux grands partenaires industriels ou aux filiales du groupe, habitués à prendre en main le portage opérationnel des projets sur le terrain. À titre d’exemple, Framatome, fabricant de chaudières, cuves et couvercles de centrales nucléaires, est ainsi capable de concevoir, produire, livrer et mettre en service ses équipements. En tant que patron de Framatome, Bernard Fontana devrait donc logiquement prêcher pour la seconde piste d’organisation.
Ce changement de cap sera profondément structurant pour l’énergéticien, qui se donne jusqu’à début 2024 pour définir les contours de ce futur pôle « industrie nucléaire ». L’objectif est « que chaque entité ait un client bien identifié, que les responsabilités soient claires. C’est ça qui sera le juge de paix pour l’organisation », explique la direction d’EDF à L’Informé. Des équipements industriels essentiels comme les turbines Arabelle, détenues autrefois par Alstom avant leur cession à General Electric en 2014 et leur retour chez EDF en novembre dernier, auraient vocation à intégrer cette entité. Tout comme Edvance, la filiale d’ingénierie spécialisée dans les îlots nucléaires neufs et le contrôle commande (le cerveau et le système nerveux des centrales). Actuellement détenue à 80 % par EDF et 20 % par Framatome, elle emploie des salariés issus des deux entreprises, aux statuts et aux voies hiérarchiques différents… Son intégration dans le nouveau pôle « industrie nucléaire » dédié permettrait de la rendre plus agile.