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Continuer la lectureOlivier Bertrand (Burger King, Au bureau, Léon) accueille deux géants de l’investissement
Le fondateur de Groupe Bertrand est parvenu à réunir sous un même toit Burger King, qu’il détenait conjointement avec Bridgepoint, et le reste de ses enseignes de restauration.
En juillet, l’Informé levait le voile sur les ambitions secrètes d’Olivier Bertrand, bien décidé à réunir dans une même société Burger King France et ses autres enseignes de restauration (Au Bureau, Hippopotamus, Léon, Volfoni…). Une opération d’une complexité rare, puisque l’entrepreneur n’est pas seul actionnaire de la chaîne de fast-food en France : le fonds d’investissement Bridgepoint en détient 40 %. Mais selon nos informations, les différentes parties sont parvenues à trouver un accord.
Olivier Bertrand va détenir la majorité du capital de la nouvelle structure de tête, tandis que Bridgepoint - qui avait investi pas moins de 400 millions d’euros dans Burger King France au fil des années - sera dilué et cédera ses titres de créances. Une transaction rendue possible par un étonnant consortium composé de deux géants mondiaux de l’investissement : Goldman Sachs Asset Management et Alpinvest. L’un et l’autre, davantage connus pour abonder les grands fonds de private equity, injectent un total de plus de 400 millions d’euros par le biais d’instruments assimilables à des actions de préférence. « L’utilisation de cet outil de financement à mi-chemin entre l’equity et la mezzanine permet de contourner le débat autour de la valorisation des parts », note un proche du dossier. Or ce point était l’un des plus sensibles dans les négociations de ces derniers mois entre Olivier Bertrand et Bridgepoint.
La complexité de cette vaste opération a nécessité une flopée de conseils financiers, dont Lazard, Citi, BNP Paribas, Natixis et Rothschild & Co. Olivier Bertrand et ses investisseurs ont maintenant le champ libre pour dérouler leur feuille de route : créer un géant de la franchise multi-enseignes, et ainsi faciliter l’ouverture de restaurants pour ses franchisés dans une même zone de chalandise. Le groupe pèse aujourd’hui près de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 1,8 milliard rien que pour Burger King (qui représente à lui seul environ 150 millions d’euros d’Ebitda, sur un total de plus de 200 millions). De quoi le hisser au rang de premier acteur français indépendant de la restauration et numéro deux du secteur derrière McDonald’s France.
A contrario, sa présence à l’international se révèle très limitée et fait partie de ses principaux axes de développement. Dans un entretien accordé aux Echos, Olivier Bertrand avait précisé regarder l’Italie et l’Espagne pour développer ses franchises. Un pari nécessaire à la poursuite de la croissance du groupe, qui marche dans les pas de l’américain Inspire Brands. Ce géant de la restauration à la tête des enseignes Arby, Buffalo Wild Wings, Rusty Taco, Jimmy John’s et Dunkin’ a été l’un des premiers à miser sur un développement rapide de la franchise multi-enseignes et totalise aujourd’hui plus de 31 milliards de dollars de ventes dans 65 pays. Lui comme le petit empire d’Olivier Bertrand ne sont pas cotés en Bourse. Mais les choses pourraient changer d’ici deux à trois ans pour le « frenchy », qui étudie cette option avec intérêt.
Contactée, la direction de Groupe Bertrand n’était pas disponible pour commenter.