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Finance - Conseil

L’assureur Luko pourrait entrer dans le giron du britannique Admiral Group

La start-up française a confié un mandat à Lazard pour évaluer de nouvelles pistes de financement. Un adossement et une levée de fonds sont à l’étude.

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L’assureur Luko a-t-il les moyens de rester indépendant ? La question se pose, à l’aube d’une nouvelle recomposition de l’actionnariat. Selon nos informations, l’assurtech française, en plein développement, a mandaté Lazard pour évaluer les options qui lui permettraient de répondre rapidement à ses besoins de financement. Un adossement pur et simple à un grand groupe du secteur de l’assurance est bel et bien l’une des pistes étudiées par la direction de Luko.

Des discussions ont été entamées avec des industriels, dont Admiral Group, coté à la Bourse de Londres. Ce pionnier de l’assurance directe au Royaume-Uni est actif dans l’assurance automobile, le courtage en assurance, l’assurance habitation et des nouveaux véhicules électriques (trottinettes…). Dans l’Hexagone, il possède L’Olivier Assurance, plus spécifiquement axé auto et habitation. Un groupe aux reins solides puisqu’il a encore réalisé près de 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires pour un bénéfice avant impôt d’environ 540 millions d’euros l’an dernier. Contactés, Admiral et Lazard n’ont pas souhaité commenter nos informations.

« Un adossement à un grand groupe permet de ne plus avoir à courir après les levées de fonds, estime une source. Luko, qui brûle encore beaucoup de cash malgré sa réduction de voilure, accéderait à une base de clients potentiels bien plus large. » Grossir est d’autant plus important pour la start-up que les contrats d’assurance multirisques habitation, l’une de ses activités phares, présentent une faible rentabilité. En parallèle, Luko assure les prêts immobiliers et les trottinettes, mais aussi les loyers impayés depuis le rachat de la jeune pousse française Unkle l’an dernier.

Quid d’une nouvelle levée de fonds pour Luko ? Raphaël Vullierme, son cofondateur, estimait fin 2022 dans les colonnes de l’Argus de l’assurance qu’il n’y avait « pas de sujet de trésorerie avant fin 2024 » et, surtout, prévoyait une annonce pour le « début d’année prochaine » qui, théoriquement, devrait lui permettre « de ne plus avoir besoin d’investisseurs externes ». Mais la piste d’une nouvelle opération n’a pas totalement été exclue, en dépit de l’échec d’un tel processus en 2022. Selon nos informations, plusieurs investisseurs historiques seraient prêts à remettre au pot aux côtés d’un nouvel entrant qui pourrait être Uniqa Ventures. Méconnu dans l’Hexagone, ce fonds de corporate venture appartient à l’assureur autrichien éponyme et aurait remis une offre. Mais cette option ne serait pas la plus privilégiée.

Depuis sa création en 2018, Luko a levé près de 70 millions d’euros et compte à son bord des fonds de capital-risque comme EQT Ventures, Accel, Funders Fund et Speedinvest. La fin de l’argent magique observé dans la tech l’année dernière s’est traduite par une plus grande aversion au risque des investisseurs, et donc par des levées de fonds sérieusement affectées. Un constat encore plus marqué pour les jeunes pousses ne visant qu’une rentabilité à long terme et ciblant les particuliers, comme Luko. Sous la pression de ses partenaires financiers, l’assurtech - plus d’un demi - million de clients au compteur - a dû revoir son business plan et vise maintenant l’équilibre financier d’ici 18 mois seulement, contre cinq ans auparavant. Pour y parvenir, une cure d’amincissement a été nécessaire. Après avoir fortement recruté ces dernières années, jusqu’à atteindre 250 salariés après le rachat d’Unkle, l’entreprise ne compte aujourd’hui plus que 175 collaborateurs. Parmi les personnes évincées, Matthieu Luneau, le fondateur d’Unkle. Il a été révoqué fin 2022 et conteste les motifs de sa sortie. Les Prud’hommes ont été saisis et l’affaire se réglera aussi devant le Tribunal de commerce.