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Continuer la lectureL’association des élus locaux d’opposition se déchire
Les difficultés financières qui pèsent sur l’association spécialisée dans la formation des élus locaux pourraient bien la faire imploser.
L’association des élus locaux d’opposition (AELO) va-t-elle passer l’année ? Six mois après l’arrivée de son nouveau président, la structure qui a formé plusieurs milliers d’élus aux subtilités de la politique locale depuis sa création en 2012, est au bord de la crise de nerfs. Licenciement, retrait ...
Alertes en série sur le budget
Le coup serait dur pour l’AELO, qui a réussi à s’imposer dans le paysage politique. L’association regroupe plus de 650 adhérents, siégeant dans des communes, des conseils départementaux ou régionaux. Sa dizaine de formateurs les prépare aux enjeux de la finance, de la communication, de l’urbanisme ou encore des ressources humaines, pour mieux faire passer leurs arguments auprès des élus majoritaires. Mais avec un budget d’un peu moins de 300 000 euros par an, l’AELO ne dispose que de faibles marges de manœuvre. Et le recrutement de deux salariés, pérénnisé cet été, a mis le feu aux poudres. Jugée onéreuse, l’initiative a, en outre, alimenté un climat social tendu : pendant que ces deux nouveaux étaient embauchés, un salarié employé de longue date était licencié et la responsable de l’association chargée des finances depuis une dizaine d’années de façon bénévole était mise à l’écart. Laquelle avait, depuis avril, alerté à plusieurs reprises la direction sur les risques de ne pouvoir boucler le budget 2023, avant d’être écartée…
Car c’est bien sur la sincérité des comptes prévisionnels que se cristallisent les dissensions. Présentés en septembre par la nouvelle direction au conseil d’administration, ilsi prévoient de clore l’exercice 2023 de l’AELO sur un résultat positif de 38 000 euros, quand les calculs établis en juin par l’ancienne responsable des finances concluaient à… une perte de 51 000 euros. « Pour arriver à ce résultat, le président de l’association s’appuie sur des rentrées d’argent irréalistes, s’inquiète un autre administrateur. Il mise sur d’hypothétiques subventions et table sur un chiffre d’affaires largement supérieur à ce qu’il sera réellement. Ce tour de passe-passe lui permet d’avaliser l’embauche de deux permanents que l’association n’a pas les moyens de payer. »
Micros coupés
De son côté, la nouvelle direction de l’association affiche sa sérénité. Le président Jean-Paul Lefebvre n’a pas souhaité faire de commentaire à l’Informé, mais sa prédécesseure - toujours au conseil d’administration - assume le bien-fondé de cette stratégie. « Comme toute association sans fonds propres, l’AELO peut rencontrer des problèmes de trésorerie, estime Clotilde Ripoull. Les recrutements opérés répondent à un choix stratégique pour permettre à l’AELO de se développer. Nous avons par ailleurs revu certains de nos coûts à la baisse et le bureau vient d’obtenir un prêt auprès de la région Occitanie. » Autre motif d’optimisme pour la nouvelle équipe dirigeante : le ministère de l’intérieur a renouvelé en juillet l’agrément autorisant l’association à former les élus et l’entité a reçu la certification Qualiopi. Deux labels que « nous n’aurions pas obtenus si notre budget n’était pas honnête », insiste l’ex-présidente.
Gageons que cela ne suffira pas à calmer les tensions. Le renvoi pour faute à la rentrée d’un salarié chargé de l’administratif - et à la ville, compagnon de la trésorière écartée - couplé aux échanges musclés entre le bureau et plusieurs bénévoles de l’association ont aggravé les crispations. Le dernier conseil d’administration a été particulièrement houleux. « Nos micros ont tout simplement été coupés, s’indigne un administrateur désabusé. Un comble pour une association qui promeut la démocratie »…
Article modifié le 10 novembre sur les modalités de recrutement des deux salariés.