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Finance - Conseil

Atos, Tiffany, Ingenico... un homme d’affaires soupçonné de multiples délits d’initiés par l’AMF

Le gendarme de la Bourse enquête sur un investisseur qui a réalisé d’importantes plus-values sur plusieurs entreprises après des annonces importantes.

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Close-up adult hand typing on laptop Bill Hinton / Getty Images

L’Autorité des marchés financiers est-elle sur la trace d’un serial entourloupeur ? Depuis deux ans maintenant, le gendarme de la Bourse enquête sur un certain Henri Dong. Français né en Chine, ce quadragénaire a été dirigeant d’une société de matériel médical, Orlek Santé, et propriétaire d’un distr...

Retour quelques années en arrière. Le 30 janvier 2019, avant l’ouverture de la Bourse, Atos annonce un projet de distribution d’une partie du capital de sa filiale Worldline. De quoi faire bondir le cours, qui clôture la séance en hausse de 6,64 % par rapport à la veille. Or, selon l’AMF, Henri Dong et sa société ont acheté 20 100 actions le 21 janvier 2019 (quelques jours avant l’annonce donc) et les ont revendues le 30 janvier 2019, juste après la communication. Résultat ? 162 496 euros de plus-value.

De la même manière, le 3 février 2020, avant l’ouverture de la Bourse, Worldline publie un communiqué annonçant l’acquisition de la société Ingenico : le titre flambe de 17,6 % par rapport à la veille. Là aussi, l’investisseur avait acquis en amont, à partir du 15 janvier 2020, 12 006 actions Ingenico, revendues peu après l’annonce. De quoi engranger 201 295 euros de plus-value cette fois. Mais ce n’est pas tout. Le gendarme de la Bourse s’intéresse aussi à des opérations sur les titres Suez, Devoteam, Christian Dior et Tiffany.

Soupçonnant des délits d’initiés, l’Autorité des marchés financiers a ouvert le 5 mai 2020 une enquête sur l’homme d’affaires. Avec l’autorisation du juge des libertés et de la détention (JLD), elle a procédé à une visite à son domicile le 21 décembre 2020, lors de laquelle elle a saisi plusieurs documents. Mais Henri Dong a contesté le raid devant la cour d’appel de Paris, qui l’a invalidé le 2 mars 2022 pour des raisons de procédure, ordonnant la restitution des documents.

Sans que le fond ne soit examiné, s’en est suivie une bataille de procédure. L’AMF s’est pourvue en cassation contre l’arrêt d’appel et M. Dong a lui aussi saisi la Cour de cassation : comme le gendarme financier refusait de lui rendre les documents - de peur qu’il ne les détruise - il a demandé à la Cour de radier le pourvoi de l’AMF. Un souhait exaucé le 16 mars.  « Je salue ces deux décisions que nous avons obtenues au bénéfice des droits de la défense », se félicite Pierre-Philippe Boutron-Marmion, avocat de Henri Dong, sans vouloir commenter davantage une affaire en cours. 

La balle est désormais dans le camp de l’AMF. La Cour de cassation s’est dite prête à rétablir le pourvoi déposé par le gendarme financier lorsque celui-ci aurait restitué les documents.

L’Autorité n’a pas souhaité faire de commentaires. Henri Dong non plus.