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Transports - Auto

Véhicules à hydrogène : Renault en passe de liquider sa coentreprise Hyvia

En cessation de paiements depuis le 10 décembre dernier, la société créée par le constructeur français et l’Américain Plug Power n’a pas attiré d’offre de reprise à la barre du tribunal de Versailles. Elle aurait vendu une dizaine d’unités en 2024.

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Hyvia

Renault arrête les frais dans les véhicules utilitaires à motorisation hydrogène. Le constructeur n’a pas déposé de plan de continuation pour sa coentreprise avec Plug Power, Hyvia, placée en redressement judiciaire le 10 décembre dernier. Selon nos informations, aucun investisseur extérieur n’a aussi déposé d’offre de reprise au 31 janvier, date limite fixée par le tribunal de commerce de Versailles. Une dizaine de dossiers ont bien été retirés auprès de l’administrateur judiciaire et trois acteurs de la mobilité hydrogène ont consulté la data room pour évaluer un éventuel rachat. Mais « la faiblesse du marché de l’hydrogène a découragé les investisseurs potentiels, indique une source qui a étudié le dossier. Ils ont aussi jugé que les montants à investir pour atteindre l’équilibre étaient trop importants. » Les volumes de ventes du secteur sont encore trop faibles, plombés par des prix encore deux fois supérieurs à ceux d’un véhicule thermique, mais pas seulement : la production d’hydrogène décarboné tout comme le réseau de distribution attendent encore un développement à grande échelle.

Une seule offre a été déposée mais elle prévoit uniquement le rachat de certains actifs d’Hyvia, sans reprendre ni les effectifs ni les activités. Elle sera examinée demain, mardi 4 février, par le tribunal de commerce lors d’une audience qui devrait précéder la mise en liquidation de l’entreprise. Mais la juridiction pourrait aussi se donner un peu plus de temps, en ouvrant une simple prolongation de la période de redressement. Pour autant, « l’enjeu est désormais social » admet une source au sein d’Hyvia, actant une désormais probable fermeture pure et simple de l’entité. « La moitié des salariés sont des anciens de Renault et bénéficient d’une clause de retour dans le groupe, indique une source proche. Certains l’ont déjà actionnée et d’autres ont saisi des opportunités ailleurs.  » Hyvia ne compte déjà plus que 86 salariés aujourd’hui, répartis sur les sites de Flins et Villiers-Saint-Frédéric (Yvelines), auxquels la direction prévoit de soumettre un PSE après la décision du tribunal. Le syndicat Force Ouvrière de Renault avait réclamé que les difficultés de la start-up ne débouchent pas sur des licenciements et qu’un reclassement à Flins soit proposé à tous les collaborateurs.

L’activité hydrogène de l’ancienne Régie avait été lancée en 2022 avec l’assemblage de piles à combustible au sein de cette usine, berceau des Twingo et Zoe 100 % électrique, qui accueille désormais les activités recyclage de Renault (The future is neutral). Ses piles équipent des utilitaires Renault Master à hydrogène, assemblés sur le site Renault de Batilly (Meurthe-et-Moselle). Une accélération de la production était prévue fin 2025 avec l’arrivée d’une nouvelle version du Master. Les deux actionnaires avaient apporté 20 millions d’euros en 2023 pour soutenir l’activité, et encore 30 millions supplémentaires début 2024. Mais, selon une source interne, Hyvia n’avait réalisé qu’une dizaine de ventes l’année dernière, essentiellement pour des flottes d’entreprises et de collectivités en France et aux Pays-Bas. En 2023, dernier exercice clos, son chiffre d’affaires dépassait légèrement le million d’euros pour une perte nette de 49 millions.