Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Transports - Auto

Métro de Lyon : la RATP dépêche ses hommes de confiance pour réussir son implantation

La métropole de Lyon a attribué à la régie parisienne l’exploitation de son réseau de 4 lignes de métro et 7 lignes de tramway. D’une valeur de 2 milliards d’euros sur 10 ans, le contrat doit démarrer le 1er janvier 2025.

Photo
ANTOINE BOUREAU / Hans Lucas via AFP

Le compte à rebours est lancé à la RATP. Après avoir raflé le contrat d’exploitation du métro et des tramways lyonnais à son concurrent Keolis en avril dernier, la régie parisienne n’a plus que deux mois pour se mettre en ordre de marche, le transfert de responsabilité étant prévu au 1er janvier. Ce sera là le premier marché de métro qu’elle gérera en France en dehors de Paris. Et pas des moindres : Sytral Mobilités, l’autorité organisatrice des transports à Lyon, évaluait, dans son appel à candidatures, ce contrat à un peu plus de 2 milliards d’euros sur 10 ans. « C’est le gain de marché le plus stratégique pour la RATP en dehors de l’Île-de-France, indique un dirigeant de l’entreprise parisienne. Il est essentiel que son démarrage se déroule sans accroc. »

Pour réussir la reprise en main du métro de TCL (Transports en commun à Lyon), le groupe présidé par Jean Castex met les moyens et n’hésite pas à transférer des cadres de l’Epic parisien à des postes clés de sa nouvelle filiale dans la capitale des Gaules. Arnaud Legrand, maître d’œuvre de la conquête à Lyon, sera le directeur général de la structure. Si l’encadrement précédemment mis en place par Keolis est maintenu, une quinzaine de personnes a été dépêchée à ses côtés. « À court terme, l’objectif est de réussir le 1er janvier une transition ‘sans couture’ pour les voyageurs lyonnais », indique un membre de l’équipe.

Selon nos informations, Arnaud Legrand fait venir à ses côtés Philippe Lopez, l’actuel directeur du RER A, la ligne la plus fréquentée d’Europe avec 1,4 million de voyageurs quotidiens. Cet axe est l’un des seuls du réseau parisien à avoir été épargné par les problèmes de ponctualité rencontrés suite à la crise du Covid. Dans un rapport au vitriol publié en octobre 2023, la Cour des comptes avait fustigé le niveau « peu satisfaisant » des performances des RER, « excepté sur la ligne A ». Celle-ci s’en sortait en effet le mieux avec un taux de ponctualité de 94,4 % en 2022, contre 85,7 % pour le RER B… Entré il y a près de 20 ans à la RATP, Philippe Lopez prendra les fonctions de directeur de production et des infrastructures, un vrai poste de numéro deux où il aura la responsabilité de l’exploitation, de la maintenance des tramways et du métro (doté de quatre lignes, dont deux automatiques, et du Rhônexpress vers l’aéroport Saint-Exupéry) et de celle des infrastructures.

Autre dirigeant de l’Epic à rejoindre les équipes de Lyon : Mathieu Hémour, l’actuel responsable du Transport pour le pôle RER de la Régie. Il prend chez TCL les fonctions de directeur d’exploitation du métro avec la responsabilité d’atteindre des niveaux de ponctualité requis par le contrat signé avec Sytral. L’enjeu n’est pas mince car encore dernièrement la ligne B, nouvellement automatisée, a connu des arrêts d’ampleur, du fait d’un « défaut du système informatique ». Le réseau avait aussi enregistré des pannes majeures en 2023, entachant la fin du contrat de Keolis d’un défaut de fiabilité dans le métro. « Il y a eu de nombreux couacs l’année dernière dus à la prise en main du nouveau matériel Alstom et au système informatique, admet un délégué syndical lyonnais. Mais le Sytral a tapé du poing sur la table pour que Keolis règle les problèmes. Depuis quelques mois, les choses se sont nettement améliorées. »

Sur le terrain, environ 1 600 salariés des équipes Keolis seront transférés au 1er janvier dans la nouvelle filiale de la RATP. D’ici là, un plan de recrutement de 500 agents prévu cette année devra être bouclé. « Il reste des besoins non encore satisfaits dans les fonctions supports et surtout sur l’exploitation des tramways où le Sytral souhaite une offre améliorée, indique le représentant du personnel de TCL. Quand on exige une plus grande fréquence des passages, cela nécessite logiquement plus de conducteurs. Une partie sera embauchée par la RATP après le 1er janvier. »