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Transports - Auto

Jeep condamné pour des pubs montrant ses SUV sur des plages ou dans l’eau

Plusieurs ONG poursuivaient la marque de Stellantis pour ses réclames. Les bolides du constructeur étaient en effet présentés en situation d’infraction.

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Bill Anastasiou - stock.adobe.com

Mettre en scène des SUV sur une plage ou dans un cours d’eau pour mieux les promouvoir, c’est non ! Le tribunal judiciaire d’Amiens vient de rendre, ce 8 janvier, trois jugements catégoriques sur le sujet. Cinglants, ils ciblent le constructeur automobile Jeep, propriété de Stellantis, et quatorze concessionnaires de la marque. En cause ? L’utilisation de six visuels de véhicules évoluant dans la nature, à des fins publicitaires. Tous ont été condamnés à régler des dommages et intérêts aux associations qui s’étaient mobilisés sur le sujet, soit environ 60 000 euros au total (dont la moitié due par Stellantis).

En voyant sur les sites internet des revendeurs ces gros véhicules rouler dans la nature, le sang des ONG n’a fait qu’un tour : l’association Eau et Rivières de Bretagne, France Nature Environnement et Bretagne Vivante ont séance tenante fait constater par un huissier les images, avant de saisir le tribunal judiciaire. En effet, selon les associations, les espaces boisés ou rocheux, le lit et les rives d’un cours d’eau ou encore les plages ne sont pas ouverts à la circulation motorisée à des fins de loisir. Une affirmation difficilement contestable puisque le code de l’environnement le précise clairement. Les véhicules ainsi photographiés sont de facto en situation d’infraction, ce qui rend les publicités illégales.

Pour les ONG, ces réclames portaient donc « directement atteinte à leurs intérêts collectifs en empêchant le développement d’une information environnementale vraie et loyale » . Selon elles, ces visuels contrariaient « leurs activités, notamment une action pédagogique visant à faire connaître l’interdiction de pratiquer les loisirs motorisés dans les espaces naturels et une action de vigilance quant au respect des règles environnementales par les activités publicitaires ».

À l’époque des faits, en 2018, le règlement de l’Autorité de régulation de la publicité (ARPP) interdisait pourtant déjà « la représentation d’un véhicule à moteur sur un espace naturel » . Et les incartades de Jeep (alors propriété de Fiat-Chrysler qui n’avait pas encore fusionné avec PSA pour former Stellantis) ne se sont pas arrêtées là. En 2022, l’ARPP a ainsi rappelé à l’ordre le constructeur qui montrait une Avenger installée sur les hauteurs d’une falaise lors d’un jeu-concours.  « Nous prenons acte que ce visuel proposé par notre siège européen n’aurait pas dû être utilisé », avait alors indiqué le fabricant automobile à l’autorité de régulation. Selon une source chez Jeep, qui n’a pas souhaité réagir officiellement, la marque élimine désormais plus de 80 % des contenus proposés par la direction européenne pour le marché français… sans que cela ne pèse sur les ventes semble-t-il : l’industriel se félicitait début janvier d’avoir atteint une part de marché record de 0,7 % dans l’Hexagone avec ses véhicules thermiques et électriques, alors que les ventes de voitures neuves sont en recul de 3,2 % en 2024.