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Continuer la lectureCityscoot : le fondateur veut reprendre les commandes
En cessation de paiement depuis le début du mois, le pionnier français des scooters électriques partagés va faire l’objet d’un examen par le tribunal de commerce de Paris ce jour, en vue d’un placement en redressement judiciaire.
Qui pour reprendre les commandes de Cityscoot ? Depuis la cessation de paiement du pionnier français des scooters électriques partagés, au début du mois, la question a de quoi intéresser les 250.000 utilisateurs actifs du service. La situation de l’entreprise sera examinée aujourd’hui par le tribunal de commerce de Paris, en vue d’un placement en redressement judiciaire. Et d’ores et déjà, un candidat se positionne, avec l’espoir de fédérer de nouveaux investisseurs : Bertrand Fleurose.
Cet entrepreneur bien connu du marché de la mobilité urbaine n’est autre que le fondateur de Cityscoot, qui signerait là son « come-back ». Il avait été remercié par les principaux actionnaires, la Caisse des dépôts et consignations et la RATP, il y a un an et demi, en raison de divergences stratégiques. Bertrand Altmayer, ex-cofondateur du VTC Marcel, lui avait succédé, avant d’être lui-même remplacé en avril 2023 par le cabinet Prospheres, spécialisé dans l’accompagnement des entreprises en difficulté.
« Je compte porter un ambitieux plan de redressement pour Cityscoot, qui dispose aujourd’hui d’un paysage très favorable pour redémarrer dans les meilleures conditions », veut croire Bertrand Fleurose. Point clé : la pérennité de son premier marché est assurée. La compagnie a remporté, comme deux de ses concurrents, un appel d’offres de la ville de Paris (80 % de son activité) cet été pour avoir le droit d’opérer dans les rues de la Capitale ces cinq prochaines années.
Plusieurs autres feux sont passés au vert. Depuis un an, Paris a mis en place un stationnement payant des deux-roues thermiques et a interdit, depuis cet été, l’exploitation des trottinettes en libre-service. « Nous assistons aussi à un recul du télétravail, qui avait contribué à lourdement pénaliser Cityscoot lors de la crise sanitaire », note l’ancien homme fort de l’opérateur. Reste tout de même l’essor des vélos électriques, mais rien qui ne l’inquiète. « J’ai créé Cityscoot neuf ans après le lancement des vélos en libre service à Paris. Les utilisateurs et les usages ne sont, à quelques exceptions, pas les mêmes que les scooters électriques. »
Si Bertrand Fleurose, toujours actionnaire de la société, n’a pas encore eu accès aux dernières données financières, il espère néanmoins être en capacité de reprendre l’intégralité des salariés et de remplacer progressivement l’ensemble des 2.500 véhicules blanc et bleus en circulation. Un dernier point crucial car le renouvellement de la flotte doit être l’occasion pour l’opérateur de signer des contrats en leasing bien moins onéreux que par le passé, les prix des scooters électriques ayant fortement chuté au cours de ces dernières années. Si les deux-roues actuels sont à ce jour tous détenus par Cityscoot (et ne pèse donc plus sur ses comptes), le matériel se dégrade et le changement se fait de plus en plus pressant.
« Il reste un gros investissement à faire dans le renouvellement de la flotte, confirme Michel Resseguier, managing partner du cabinet Prospheres, cependant encourageant sur la situation de la société : Depuis notre arrivée à la présidence, en mars, l’exploitation a été redressée et la disponibilité des scooters à Paris est désormais proche du plafond autorisé par la mairie de Paris, alors qu’il était moitié moindre précédemment. Les coûts ont aussi été réduits. » L’an dernier, son chiffre d’affaires était de 15 millions d’euros, pour une perte du même montant.
Depuis sa création en 2016, Cityscoot a engouffré près de 80 millions d’euros. Des levées de fonds qui lui ont notamment permis de s’adresser au marché italien, avec une présence à Milan et à Turin, respectivement depuis 2019 et 2022. Il emploie aujourd’hui 168 collaborateurs, contre plus de 350 à son apogée.