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Tech - Télécom

Smartphones et tablettes reconditionnés : Certideal est à vendre

Depuis sa création en 2015, le numéro 3 français du secteur a levé près de 25 millions d’euros auprès de fonds de capital-risque.

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Farknot Architect - stock.adobe.

La consolidation du marché européen des reconditionneurs de téléphones et de tablettes est pour bientôt. L’un de ses principaux acteurs, Certideal, pourrait prochainement montrer la voie en s’adossant à un concurrent, a appris l’Informé. Le numéro 3 français du secteur a en effet confié un mandat de vente à Rothschild & Co (Transaction R), qui devrait déboucher d’ici peu sur une enchère où concourront aussi bien des spécialistes du reconditionnement que des fonds. Une page majeure pourrait donc se tourner pour la jeune pousse créée en 2015 par Laure Cohen et Yoann Valensi.

Jusqu’alors, elle avait intégralement financé sa croissance auprès de pros du capital-risque. Les premiers investisseurs professionnels sont arrivés en novembre 2017, Citizen Capital et Inter Invest Capital injectant alors 2 millions d’euros. Ces historiques ont ensuite participé à une série B de 8 millions en avril 2020, accompagnés par de nouveaux venus : Maif Avenir et BNP Paribas Développement. En 2021 enfin, une série C de 15 millions a été menée par Meridiam Green Impact Growth Fund, avec un objectif clair : renforcer le positionnement de Certideal en France, en Italie, en Belgique et en Espagne, mais aussi plus récemment au Portugal et en Suède (2021), en Irlande (2023) et dans le reste de la zone Euro (2024).

Membre du programme French Tech 120 depuis quatre ans, la jeune pousse certifie avoir atteint la rentabilité fin 2020. Son chiffre d’affaires avoisinerait aujourd’hui 100 millions d’euros, contre 40 millions en 2021, porté par la croissance à deux chiffres du marché. Sur dix mobiles de seconde main vendus, la moitié est aujourd’hui reconditionnée. Contrairement à Back Market ou Recommerce, Certideal n’a pas choisi de devenir une marketplace, permettant la rencontre entre des reconditionneurs agréés et les consommateurs. Elle a préféré intégrer toute sa chaîne de reconditionnement et certifie l’ensemble de ses produits revendus avec à la clé une garantie de 24 mois, identique aux produits neufs.

Mais cette spécificité survivra-t-elle à un adossement à l’un de ses concurrents ? Plusieurs acteurs pourraient en effet se positionner dans cette enchère, à commencer par Recommerce, propriété de la famille Mulliez depuis 2022. Le directeur général de cet acteur européen, qui totalise 175 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 6 millions d’Ebitda, a ouvertement fait savoir aux Echos, en novembre dernier, « son intention très forte de consolider le marché du mobile reconditionné. » Un projet qui, selon nos informations, devait être notamment alimenté par une ouverture au capital d’un investisseur tiers. Mais l’Association familiale Mulliez n’aurait pas encore sauté le pas. Dans l’Hexagone, Back Market fait aussi office de consolidateur naturel, même si celui-ci a dû réduire la voilure en se séparant de 13 % de ses effectifs en 2023.

Contactée, Laure Cohen précise qu’aucune décision capitalistique n’a été prise à ce jour et évoque de fausses rumeurs.