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Royaltiz revoit sa copie face aux investisseurs lésés

Une cinquantaine d’utilisateurs mécontents de l’ex « Bourse aux talents » se sont tournés vers le collectif AVI pour obtenir une meilleure indemnisation.

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www.royaltiz.com

« Ça ne sert à rien d’aller plus loin, il y a juste à espérer récupérer des miettes. » Depuis plusieurs semaines, c’est à la soupe à la grimace sur le Discord des utilisateurs déçus de Royaltiz. Plus de 200 d’entre eux y sont réunis, et tentent de comprendre les enjeux du « plan de remédiation » qui leur a été proposé mi-mars dernier suite à l’arrêt de la plateforme en France. En clair, les boursicoteurs doivent choisir entre plusieurs options : d’abord, ils peuvent résilier leurs contrats conclus avec Royaltiz, contre un dédommagement bien inférieur à la valeur de leurs titres. Ensuite, et c’est la deuxième option, ils peuvent demander une conversion de leurs titres détenus en de futurs titres obligataires négociables sur la Bourse d’Amsterdam, « sous réserve de l’obtention des agréments et autorisations ». Troisième option : conserver son contrat et continuer à percevoir le rendement associé jusqu’à son expiration. Enfin, ils peuvent souscrire à des actions d’une obscure holding « RLTZ » en compensation.

Pour rappel, Royaltiz, sorte de Bourse aux talents sur laquelle les fans pouvaient miser sur le succès de leur idole, s’est lancée en France en 2021… sans aucun agrément financier. Une façon de faire vivement critiquée à l’époque, et qui a d’ailleurs causé sa perte, à en croire les explications de son fondateur. « En 2025, l’Autorité des marchés financiers (AMF) nous a indiqué qu’elle considérait que le Roy (ndlr : sorte de monnaie d’échange de la plateforme) était un produit financier, raconte Christophe Vattier. Sauf que, pour échanger un produit financier, il faut qu’il soit proposé sur une plateforme qui soit régulée comme une Bourse » Ce qui n’était donc pas le cas de Royaltiz. Conséquence, la plateforme ne pouvait plus opérer, et un « plan de remédiation » a dû être élaboré pour les utilisateurs existants. « C’est la suite logique, résume Christophe Vattier, nous respectons la loi. » À noter que Royaltiz s’est également installée aux États-Unis, après avoir obtenu un accord de la Securities and exchange commission (SEC). La plateforme ne propose aujourd’hui que les Roy de 5 talents, comme le footballeur Aurélien Tchouaméni ou le boxeur Alexis Nicolas.

Mécontents, une cinquantaine d’utilisateurs se sont selon nos informations tournés vers le collectif d’aide aux victimes d’influenceurs (AVI). L’ensemble des portefeuilles de ces profils représente plus d’un million d’euros. « Nous sommes en cours de médiation avec Royaltiz, indique à l’Informé Jean-Baptiste Boisseau, cofondateur du site Signal Arnaques et membre du collectif AVI. Nous essayons de trouver un accord plus intéressant pour les clients, mais si certaines choses restent en l’état, une action sera engagée. » Le collectif a déjà obtenu plusieurs victoires : d’abord fixée au 16 avril, la date limite de décision fixée aux utilisateurs a été une première fois reportée au 30 avril, puis encore une fois repoussée au 14 mai prochain. Aussi, des ajustements concernant l’option n °2 sont en cours de préparation, assure à l’Informé Christophe Vattier.

Interrogé quant aux utilisateurs mécontents, le fondateur l’assure : « Nous faisons le maximum pour que les gens puissent faire un choix éclairé, et avons même été plus loin que les obligations réglementaires. » Le chef d’entreprise explique ainsi s’être « beaucoup impliqué » pour « partager les informations » et « répondre aux questions des utilisateurs », quand il aurait pu « juste envoyer le plan de remédiation, et voilà ». Interrogés par l’Informé, des utilisateurs craignent particulièrement que les caisses de l’entreprise soient vides. « On a très peur de la faillite », ajoute l’un d’entre eux. Une crainte partagée par beaucoup. « J’entends ce type de rumeurs depuis deux ans, mais on fait tout pour que ça continue », assure Christophe Vattier. Interrogé sur l’éventuelle ouverture d’une procédure collective, l’entrepreneur s’emporte : « Je n’ai pas de boule de cristal pour le destin de l’entreprise, je ne suis pas madame Irma ! » Et de reconnaître des erreurs : « Notre communication n’a pas été parfaite… mais personne ne l’est. »

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