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Continuer la lectureMaître Thomas Hollande veut attaquer Samsung au nom du fournisseur CEAT
Alors que le réparateur de smartphones bourguignon a été liquidé fin juillet, le célèbre avocat veut emmener une partie des 230 salariés à engager des poursuites contre la marque coréenne, principal client de la PME.
Le dossier CEAT n’est peut-être pas clos. Fin juillet, cette PME de 230 salariés, spécialiste de la réparation de smartphones, a été mise en liquidation par le tribunal de commerce de Dijon, plombée par 2,9 millions d’euros de pertes nettes. Mais le comité social et économique (CSE) de la société refuse que l’histoire s’arrête là : représenté par l’avocat Thomas Hollande (fils de l’ancien président de la République et de Ségolène Royal), l’instance devrait engager une procédure juridique contre Samsung Electronics France à la rentrée. Elle reproche au géant coréen, principal client de CEAT, d’avoir provoqué la chute de leur entreprise. « Samsung refuse de reconnaître sa responsabilité dans l’arrêt de l’activité et d’indemniser les salariés, explique Thomas Hollande, associé du cabinet LBBa. Je ne peux pas encore dire combien de salariés voudront se lancer dans cette démarche, mais je pense que la majorité d’entre eux me mandateront. » Objectif ? Forcer le fabricant de smartphones à verser des indemnités complémentaires aux dispositions légales. « Deux décisions de justice ont établi le caractère brutal de la rupture commerciale par Samsung, reprend la robe noire. Il va falloir démontrer le lien de causalité entre cette rupture et la liquidation, l’enjeu est là. »
Créé dans les années 1970 par Gilbert Vigneron puis dirigée par son fils François, CEAT comptait encore récemment de grands noms parmi ses clients. Xiaomi, Fnac/Darty, Boulanger, Decathlon, Orange, Bouygues ou Recommerce… mais c’était bien Samsung son premier donneur d’ordre : le coréen apportait à son usine de Longvic (Côte-d’Or) la majorité de son activité et une marge brute de 7 millions d’euros par an. Après des années florissantes, la société familiale, bousculée par l’émergence de multiples concurrents, a vu son chiffre d’affaires plonger de 57 à 28 millions d’euros entre 2016 et 2020. La pandémie est venue compliquer encore un peu plus les choses et CEAT a fini en redressement judiciaire en janvier dernier, comme l’a révélé L’Informé. « Au début de la procédure, deux offres de reprise ont été formulées, l’une par Aubeco, l’autre par Covercom, une ancienne filiale de CEAT, explique Abdel Aziz Sakkali, délégué syndical CFDT de la PME bourguignonne. Elles n’ont pas été retenues, puis, un plan de continuation a été présenté par les actionnaires. »
Préparé avec Samsung selon plusieurs sources, ce plan prévoyait que le fabricant coréen maintienne un certain volume d’affaires auprès de son prestataire en difficulté. Mais quelques semaines plus tard seulement, les salariés dénoncent une baisse des commandes et décident de bloquer l’usine et ses téléphones pour mettre la pression sur ce gros client. Au cœur de l’été, des représentants du personnel se rendent aussi à Saint-Ouen, au siège de Samsung Electronics France, mais en ressortent bredouilles. « Le liquidateur de CEAT a demandé par courrier à Samsung s’ils souhaitaient abonder financièrement au PSE, explique Mana Rassouli, avocate du géant des smartphones chez Advant Altana. Mon client a répondu non. » Le groupe refuse aussi une indemnisation individuelle de tous les salariés. « Nous verrons maintenant ce qui est fait par mon confrère, reprend-elle. Pour l’instant, je m’en tiens à la décision de justice du 2 août dernier qui condamne le liquidateur à rendre les produits de la marque Samsung, qui appartiennent à des consommateurs. »