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Continuer la lectureLe PDG de DNA Script passe la main
Alors que certaines de ses dépenses posent question et qu’un plan social a touché 20 % des effectifs, la biotech spécialisée dans la fabrication d’ADN veut « explorer de nouveaux business model » avec le recrutement d’un nouveau dirigeant.
« Pas trop tôt » souffle un salarié, inquiet. Les équipes de DNA Script, biotech spécialisée dans la fabrication d’ADN, viennent de l’apprendre : le PDG et cofondateur de l’entreprise, Thomas Ybert, va lâcher les rênes. Ce départ se fait selon nos informations à la demande du comité exécutif, intervenue quelques jours après la publication le 4 septembre de notre premier article sur les difficultés financières de la structure.
Dans un message confidentiel dont l’Informé a pris connaissance, le polytechnicien, transféré à la direction scientifique de la start-up, a assuré le 10 septembre : « il est temps d’avoir un nouveau leadership. Je crois que c’est ce dont l’entreprise a besoin pour entrer dans ce nouveau chapitre guidé par l’exploration de nouveaux business models et de nouvelles stratégies. » Le comité exécutif a d’ores et déjà sélectionné un cabinet de chasseur de têtes pour recruter son successeur.
Le nouveau venu aura beaucoup à faire. Il lui faudra d’abord remobiliser les troupes, traumatisées d’avoir vu partir au premier semestre certains salariés historiques, lors d’un plan social qui a touché 20 % des effectifs et frappé tous les départements. Alors que les derniers partants ont fait leurs cartons cet été, l’effectif a fondu de cinquante personnes, passant de 230 en 2023 à 170 désormais. Près de la moitié des équipes restantes se concentrent sur la R&D, une quarantaine sur la partie opérationnelle, le solde étant consacré aux fonctions support. Selon un document interne, il s’agit là d’alléger la structure de coûts afin d’optimiser les fonds levés dans le passé. Sur les quelque 315 millions d’euros levés au total, il restait 100 millions d’euros dans les caisses fin 2023, et la société a souhaité réduire sa base de coûts annuelle de 60 à 35 millions d’euros. Objectif : tenir jusqu’au troisième trimestre 2026.
Le futur patron va devoir mettre de l’ordre dans les finances. « On nous parle de coûts mais pas tellement de recettes, la question commerciale est presque devenue un tabou » regrette un chercheur. En quatre ans, le groupe a connu trois directeurs commerciaux différents, sans que les ventes de son produit phare, l’imprimante Syntax et des consommables associés ne progressent tellement. Seulement quelques dizaines d’unités auraient été vendues au total, alors que la principale levée de fonds de la société lancée en 2021 avait justement pour objectif de booster la commercialisation de la plateforme, comme l’expliquait alors Les Échos. La société tente désormais de développer d’autres services liés à la production enzymatique d’ADN.
Au regard de ces modestes résultats commerciaux, les dépenses de la société interrogent en interne. Les salaires représentent certes le premier poste de coûts mais si l’on en croit le bilan carbone de l’entreprise, réalisé avec le soutien de Bpifrance, les dépenses de conseil, de coaching et autres audits représentaient aussi 5 millions d’euros en 2022 : l’équivalent du chiffre d’affaires sur l’exercice ! La R&D déboursait la même année 1 million d’euros en services divers et le marketing 800 000 euros.
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L’Union européenne a aidé la start-up par le biais de plusieurs programmes de recherche, et en France, Bpifrance a misé un minimum de 25 millions d’euros sur la société. Le programme France 2030 a aussi soutenu la jeune pousse par le biais de son appel à projet « Première usine » en 2022 dont le ticket moyen est de 10 millions d’euros. Enfin, en mai dernier, alors qu’elle était au cœur d’un plan social, DNA Script a bénéficié de l’appui renouvelé de Bercy, en voyant son statut Next40 renouvelé. Ce programme réunit les 40 « meilleures » start-up de l’Hexagone, bichonnées par la mission French Tech.
Contactée par l’Informé, l’entreprise n’a pas souhaité réagir. Thomas Ybert n’avait pas répondu à nos sollicitations à l’heure de notre publication.