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Le fonds KKR cherche à sortir de Valocîme, le trublion des pylônes télécoms

Dans le viseur de la loi simplification, la bête noire de TDF, Cellnex et autres « towercos » pourrait, en plus, perdre son principal investisseur.

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ROMAIN LONGIERAS / Hans Lucas via AFP

Période mouvementée pour Valocîme. Créée en 2017, cette jeune pousse s’est développée avec un drôle de business : elle expulse et remplace les propriétaires des pylônes télécoms, appelés towercos (TDF, Cellnex…), sur lesquels sont installées les antennes téléphoniques. Selon nos informations, le fond...

Ce processus de désengagement survient au moment où le gouvernement veut faire adopter par les parlementaires le projet de loi simplification. Un texte qui risque de sérieusement compliquer les affaires de Valocîme. Bien rodé, le procédé est toujours le même. La société contacte les propriétaires des espaces sur lesquels sont bâtis les pylônes télécoms (friches, toits terrasses, château d’eau…), leur propose un loyer plus élevé pour récupérer les terrains et conclut avec eux un nouveau bail. Quand l’ancien contrat expire, elle demande à la towerco déjà installée de lui céder ses tours à prix coûtant, ou de les démonter pour ériger les siennes à la place. Ensuite, elle propose aux opérateurs mobiles de venir y placer leurs antennes à un prix locatif inférieur de 20 %. Or, les changements de tours peuvent générer des coupures de réseau 3G ou 4G plus ou moins longues. Des élus et des abonnés s’en sont déjà émus ces derniers mois et le gouvernement a décidé de réagir.

Un article de ce texte prévoit que seul un acteur ayant obtenu un mandat d’un opérateur mobile puisse reprendre le bail d’un terrain sur lequel se trouvent déjà des pylônes. La mesure cible clairement Valocîme mais aussi les propriétaires. « Ils ne pourraient plus ni vendre leur parcelle, ni augmenter les loyers à leur guise », estime Frédéric Zimer, qui a déjà commencé son lobbying sur le sujet comme le révélait l’Informé la semaine dernière. « Certes, nous partageons le souci du gouvernement sur la couverture mobile du territoire, mais cela ne doit pas se faire contre le droit de propriété des 80 000 bailleurs privés et publics, reprend le patron. Nous pensons qu’il est possible de conjuguer les deux sans effets négatifs et les débats au parlement permettront peut-être de faire évoluer ce texte en ce sens. »

Premier revers pour la jeune société, vendredi 26 avril, le Conseil d’État a rendu son avis et jugé que cette atteinte est « justifiée par l’intérêt général qui s’attache à assurer l’exhaustivité de la couverture numérique du territoire (...) dans le but de préserver les ressources foncières et l’environnement. »

Le projet de loi devrait être débattu au Sénat début juin, avant de passer ensuite à l’Assemblée nationale. Un printemps chaud s’annonce pour Valocîme.