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Tech - Télécom

La fermeture d’Orange Bank va coûter une petite fortune à l’opérateur télécom

Orange doit encore renflouer sa filiale pour financer un plan social qui touche près de 700 personnes.

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BENJAMIN POLGE / Hans Lucas via AFP

L’heure est au relevé de comptes pour Orange Bank. Le groupe de télécommunications avait tenté une incursion dans la banque en ligne en 2017 sous l’impulsion de son PDG de l’époque, Stéphane Richard. Une diversification censée attirer une nouvelle clientèle jeune, davantage connectée et plus fidèle puisqu’il est plus compliqué de changer de banque que d’opérateur. Six ans plus tard, faute d’avoir trouvé un modèle économique viable, la nouvelle dirigeante arrivée en 2022, Christel Heydemann, a décidé de mettre un terme à cette aventure. Depuis fin février, les quelque 800 000 clients en France se voient proposer une offre de transfert vers le concurrent Hello Bank (BNP Paribas), pour une fermeture définitive d’Orange Bank prévue en 2025. Un clap de fin qui coûte cher.

Pour préparer cette fermeture, l’opérateur télécoms vient d’injecter en février 248 millions d’euros dans sa filiale via une augmentation de capital. « Depuis l’annonce de son retrait de la banque en ligne en juin 2023, le groupe Orange soutient Orange Bank, comme il s’y était engagé, indique un porte-parole. Cela passe notamment par des recapitalisations nécessaires à l’exécution du projet de fermeture. ».

L’argent servira d’abord à financer un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui touchera près de 700 salariés et coûtera 136 millions d’euros. Les partants pourront recevoir 1,5 mois de salaire par année d’ancienneté (plafonné à 30 mois), une prime de reclassement interne de 5 000 euros… « Le PSE concerne la totalité des employés de la banque, ajoute la société. Une attention particulière sera portée aux collaborateurs amiénois, qui se verront proposer une offre ferme au sein du groupe Orange, dans le même bassin d’emploi. » Ces offres de reclassement concernent quelque 200 personnes.

À cette facture s’ajoute le financement de projets devenus sans intérêts. Le groupe a mis au rebut sa plateforme technologique commune à ses entités française et espagnole, OneBank. Ce développement informatique avait déjà été mis sur pause l’an dernier et sa valeur évaluée à 42 millions d’euros vient d’être ramenée à 0 dans les comptes d’Orange Bank.

« Ce qui inquiète fortement, c’est la lente agonie d’une entreprise bancaire qui s’est bercée d’illusions et a bercé ses salariés de promesses, lesquels payent finalement le prix fort d’un retentissant échec ! », soulignait récemment la CFDT dans un communiqué.

Les derniers chiffres parlent d’eux-mêmes. Si la société a dégagé un produit net bancaire en hausse d’environ 23 % l’an dernier, à 100,8 millions d’euros, elle a, dans le même temps, vu ses pertes multipliées par quasiment 2,5 pour atteindre 360,7 millions d’euros. Le groupe avait déjà dû allouer 198 millions d’euros pour éponger les déficits en 2023.

Après avoir cédé Orange Cinema Séries (OCS) et Orange Studio à Canal+, la directrice générale, Christel Heydemann, a donc décidé de clore ce chapitre des diversifications ouvert par son prédécesseur et de recentrer l’opérateur sur le cœur de son métier, les télécoms. Reste la question de la start-up Anytime détenue par Orange Bank et dont l’avenir est toujours en suspens.

Anytime, l’autre banque d’Orange, en difficulté

Qu’adviendra-t-il d’Anytime ? Cette néobanque destinée aux professionnels et aux associations (Croix Rouge, les Apprentis d’Auteuil…) est également en difficulté. Elle vient d’être renflouée de deux millions d’euros par l’opérateur télécoms après avoir enregistré des pertes de 4,1 millions d’euros en 2023, en hausse de 32 %. Cette start-up acquise en 2021 doit être cédée avant la fermeture définitive de sa maison mère Orange Bank prévue l’année prochaine. Selon nos informations, ce processus de vente est toujours en cours. En attendant, « la continuité de la société n’est pas en danger (...) avec pour objectif d’assurer les besoins en trésorerie et d’accompagner son retour à l’équilibre », indique l’entreprise dans ses comptes. Mais le temps presse pour trouver un acquéreur. Achetée pour plus de 44 millions d’euros, la jeune pousse ne vaut plus que 20 millions d’euros.