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Finance - Conseil

Orange cherche un repreneur pour sa néobanque Anytime

Plus de trois ans après le rachat de la start-up, l’opérateur veut s’en séparer et clore son aventure dans la banque en ligne. Cette filiale a dû être recapitalisée et les performances ne sont pas au rendez-vous.

Christel Heydemann, DG d’Orange.
Christel Heydemann, DG d’Orange. ERIC PIERMONT / AFP

Le moment est fixé sur une photo. En ce mois de janvier 2021, Stéphane Richard, alors dirigeant d’Orange, pose aux côtés de Paul de Leusse, son directeur général adjoint, et de Damien Dupouy, cofondateur d’Anytime. Le cliché officialise l’acquisition par l’opérateur télécoms de cette néobanque destin...

Selon nos informations, Orange cherche un repreneur pour cette start-up dont l’activité ne correspond plus à la nouvelle stratégie de la directrice générale. Combien peut-il en espérer ? À titre d’indication, si l’on en croit ses comptes, l’opérateur avait payé Anytime 48,5 millions d’euros en 2021. Mais en réalité, il n’a jamais dépensé autant, ce montant incluant la reprise de dettes et un complément de prix indexé sur des performances futures qui n’ont jamais été atteintes.

Une chose est sûre, la société aiguise les appétits. Contrairement à Orange Bank qui doit être fermé et dont une partie des clients devraient rejoindre BNP Paribas et sa filiale Hello Bank, Anytime a déjà suscité des marques d’intérêts. « Le processus est assez avancé et devrait se conclure cette année », parie même un proche du dossier. Si le nom du repreneur Fiducial a circulé, l’entreprise, contactée, dément toutefois toute implication dans le dossier. De son côté, l’opérateur historique n’a pas souhaité faire de commentaire.

Rentable au moment de passer sous la coupe d’Orange, la start-up n’a cessé de plonger dans le rouge depuis. Après un bénéfice de 1,41 million d’euros en 2020, la société a essuyé une perte de 1,85 million en 2021 et de 3,16 millions en 2022. Le déficit de 2023 devrait être encore supérieur. Certes, on est très loin des mauvaises performances d’Orange Bank, avec près de 1 milliard d’euros de pertes opérationnelles en cinq ans. Anytime a dû être recapitalisée à hauteur de 7,5 millions d’euros en 2022 et sa valeur a été fortement révisée à la baisse.

Bien sûr, la crise Covid a pesé, mais le manque de synergies développées avec sa maison mère n’a pas aidé non plus. Sans compter les changements imposés à la direction avec l’arrivée l’an dernier de Stéphane Valois en remplacement de Paul de Leuse à la présidence et la nomination d’un nouveau responsable technologique. Mais il y a pire encore. Son fournisseur de services bancaires, PPS, subit depuis cet été un contrôle de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) rendant plus complexe l’enregistrement de nouveaux clients chez Anytime. La néobanque est donc contrainte de se tourner vers un autre fournisseur, Treezor. Entre ces problèmes techniques et l’incertitude sur leur devenir, les salariés sont très inquiets. Implanté sur quatre sites (un en Belgique et trois en France), l’effectif constitué d’une soixantaine de personnes accuse des départs ces derniers mois. Un séminaire devrait se tenir cette année afin de remotiver les équipes, après de longs mois dans le flou.